Noctamblues

L’image de la gaieté et de la désinvolture dans le jazz ,voilà ce que représentait pour beaucoup ,Clark Terry…excellent communicateur au travers de sa musique.

 

Clark Terry est né à east Saint louis,Missouri le 14 décembre 1920 dans une famille de 11 enfants…il va s’initier d’abord à la musique dans l’orchestre de son école ,au trombone à pistons.Quelques années plus tard ,un voisin lui offrira une trompette achetée chez un prêteur sur gage….Clark sera engagé peu de temps après dans une des meilleures formations du Sud celle de Fate Marable,qui joue sur les bateaux qui remontent le Mississipi .cet orchestre a eu dans ses rangs des artistes tels que Louis Armstrong et Harry Edison.

Pendant la seconde guerre mondiale et enrôlé Clark Terry se produit dans divers orchestres militaires.En 1945,à sa libération,il rentre à Saint Louis et travaille avec George Hudson.

Puis il rejoint Lionel Hampton pendant 3 semaines ,à la suite de quoi il signera son premier contrat vraiment professionnel avec Charlie Barnett en Californie,dont la section de trompettes est alors formée par Doc Severinsen ,Jimmy Nottingham et Joe Graves.

Après cette période avec Barnett,il reste en Californie,où il joue avec le saxo alto-chanteur Eddie Cleanhead Vinson et Charlie Ventura qui,à l’époque ne se présentait pas moins que comme ‘le saxophoniste ténor blanc du bop’ (sic !)…

Puis en 1950 ,Terry entre dans l’orchestre de Count Basie…il y restra une dizaine d’années.A la dissolution de la formation faute de travail,Clark fait partie du sextet que Basie a monté avec de jeunes loups qui s’appellent Serge Chaloff, Charlie Rouse et Buddy de Franco.

Le jeune Clark Terry va très vite s’imposer comme un soliste doué d’une puissante imagination et d’une grande originalité.Son style est un mix de classicisme et de modernisme (classicisme inspiré par Rex Stewart et son travail sur les demis-pistons et un modernisme pas très éloigné de celui des boppers comme Gillespie).

 

Après Basie, Clark Terry entre dans l’orchestre de Duke Ellington et y restera 9 ans. Avec ce créateur de jazz ,Clark gagne une grande notoriété et apparait comme l’un des principaux solistes de l’orchestre ,car,il savait comme personne enrichir son ‘sound’ avec des sourdines.

Tout en bossant avec Duke, il collabore avec divers jazzmen tels que Wardell Gray, Dinah Washington et Thelonious Monk ,aux côtés duquel il va entrer en studio à 2 reprises.

Il quitte Ellington et s’éloigne un temps du milieu du Jazz avant de rejoindre l’orchestre de l’Apollo Theater et celui de la NBC…ce qui lui ouvre encore les portes des studios ,il devient un trompettiste polyvalent,c’est-à-dire qu’il participe à des sessions d’enregistrements aussi bien classiques que de Rock et l’accompagnement de chanteurs de variétés ainsi que l’écriture de musiques de films.

 

Il co-dirige avec Bob Brookmeyer un superbe quintet dont l’univers musical est principalement créé par le buggle de Terry et le trombone à pistons de Bob.

On retrouvera Clark peu après dans le big Band de Quincy Jones ,dont il deviendra vite le principal soliste…Cette époque sera également marquée par l’enregistrement d’un disque pour Mercury avec le trio du pianiste Oscar peterson (disque sur lequel se trouve « mumbles » qui connaitra un grand succès aux USA.

Clark Terry disait toujours :.. « ..tu travailles toute une vie pour maîtriser un instrument ,mais tu peux devenir une vedette du jour au lendemain pour un bêtise qui ne vaut pas deux sous.. » il savait ce qu’il disait car mumbles’ avait été enregistré pendant que les musiciens se relaxaient dans le studio.Clark avait demandé aux musiciens s’ils voulaient l’accompagner sur une chanson qui lui plaisait.. .  « ..je l’ai fait pour rire et détendre l’atmosphère car les séances d’enregistrements sont tendues.. »…la session fut quand même de haut niveau et montre un Clark Terry dans un de ses plus beaux jours.

Engagé par Norman Granz et le JATP ,il va enregistrer aux côtés  de nombreux artistes.Il organisera aussi ses propres formations avec des gens comme Grady tate ,Ernie Wilkins et Frank Weiss…il profitera de l’enthousiasme (aussi) de la nouvelle génération.

 

On n’a pas assez souligné l’importance de Clark Terry en tant que trompettiste ,ni les critiques ,ni les amateurs de jazz. Peut-être à cause de cette gaieté que dégage sa musique et qui masque peut-être un peu la dimension de son art.Clark est un musicien de grande culture ,ce qui lui a permit d’évoluer avec aisance de l’orchestre de la NBC à l’orchestre de Charles Mingus ,à celui de Monk où encore dans le mainstream avec le JATP ,Basie et Ellington…De plus Terry est un fabuleux instrumentiste talentueux ,grand technicien et imaginatif. Une des sonorités des plus personnelles parmi tous les trompettistes aussi originale que celle de Dizzy ou Miles davis…et de toutes les façons Clark Terry possède la qualité la plus appréciée chez un jazzman : ...le Swing ...!!.

Sam 25 oct 2008 Aucun commentaire