On sait que
Dizzy Gillespie a beaucoup appris de Roy ‘little jazz’ Eldridge ..mais ensuite de nombreux trompettistes ont été
influencés par Dizz ,en commençant par Miles Davis ,fats Navarro ,Quincy Jones et Wynton Marsalis…
Le style de jeu de Dizzy Gillespie représente l’apogée d’une ligne amorcée à l’époque de la Nouvelle-Orléans par Henry Red Allen et
poursuivie par Roy Eldridge ,idole et modèle du trompettiste de Caroline du Sud .
Allen ,Eldridge et ,ensuite Gillespie ,remplaceront les sonorités New-Orleans par des lignes sinueuses et fluides ,les notes suraigues par des murmures ,le ‘staccato’ par le ‘legato’ :
autant de qualités propres aux saxophonistes .
D’autres trompettistes suivront cette voie avec plus ou moins de fidélité ,notamment ceux de
l’orchestre de Count Basie ,Buck Clayton ,Harry Sweets Edison et Joe Newman .L’un des meileurs élèves de Roy Eldridge ,Charlie Shavers ,compagnon de peine de Gillespie à ses débuts ,finira ,comme eux ,par se faire à la routine des grands
orchestres ,se détachant du courant rénovateur qui donnera naissance au Be Bop .
La quasi-totalité des trompettistes qui ont vécu l’avènement du BeBop sont des continuateurs de Dizzy Gillespie .Il faut ajouter à cette liste ceux qui
évolueront différemment par la suite ,voire qui suivront des directions opposées ,comme Miles Davis ,membre épisodique du big Band de Gillespie ,et qui ,mettra du temps à se prouver qu’il n’est pas Dizzy .de la
même façon Gillespie avait dû se dégager de Roy Eldridge pour devenir Gillespie .Dans leurs enregistrements en commun pour le label Victor avec le Metronome All Stars ;Miles ,Fats Navarro et Gillespie comme premier trompette formaient une section d’une telle cohésion qu’il est
quasi-impossible de déceler qui est l’auteur des solos.
L’influence de Gillespie est plus nette sur les membres de la génération qui succèdera aux premiers
boppers ,dont les chefs de file sont Howard McGhee ,Kenny Dorham et Fats Navarro ;le premier ,bopper de droit
ne pourra mener qu’épisodiquement une carrière professionnelle pour cause de drogues ;le deuxième ,fin styliste et fidèle adepte de Dizzy à ses débuts ,adhèrera au hard-Bop ,où il s’illustrera avec talent .Enfin ,le style puissant de Fats Navarro préparera le terrain à la troisième génération de trompettistes Bop ,celle qui
développera le style Hard-Bop : Clifford Brown ,qui ,transformant la mélodie en l’appliquant au bop ,ouvrira à son tour la voie à Lee Morgan – un musicien capable de reproduire ‘night in
Tunisia’ de Gillespie tel quel et ,qui plus est ,s’habillera et se comportera comme son père spirituel .Lee Morgan nous mène à Freddie Hubbard ,chez qui la composante stylistique apparait un peu diluée.
A côté de ces grands noms ,beaucoup d’autres trompettistes ,surtout ceux qui débuteront leur carrière à l’époque de gloire du Bop
,doivent tout à Gillespie .Citons notamment Frank Newton ,Al Killian ,Joe Guy ,Freddie Webster ,Joe Garden et Red
Rodney.
L’héritage du trompettiste Dizzy Gillespie ,sans doute le plus grand après Armstrong ,est parvenu jusqu’à nous à travers
Quincy Jones ,Ira Sullivan ,Wynton Marsalis ,Richard Williams ,Woody Shaw ,Jon Faddis ,son disciple favori ,à qui il confiera la direction de ses derniers
orchestres .