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Tal Farlow est né le 7 juin 1921 à Greensboro
en Caroline du Nord (USA). Il est décédé le 25 juillet 1998 à New York....Tal Farlow, dit "Octopus" (la pieuvre, en raison de la taille de ses mains), était un guitariste de Jazz faisant
partie des plus novateurs et des plus géniaux que la scène Jazz ait connu. Lancé dans les années 50 par le trio de Red Norvo avec Charles Mingus, Tal Farlow
tire ses racines musicales chez des musiciens comme Charlie Christian, qui sera un véritable modèle, mais aussi Eddie
Lang, Lester Young ou encore Art Tatum. Guitariste autodidacte mais néanmoins virtuose, il se lance en 1953 dans une carrière solo et deviendra l'un des guitaristes
précurseurs du mouvement bebop. Il sera avec Jimmy Raney, sans doute le plus innovant et le plus doué des guitaristes de cette
décennie.
Originaire de Greensboro, en Caroline du Nord, Tal Farlow
a grandi dans un environnement très musical : son père jouait de plusieurs instruments : violon, banjo mais aussi clarinette tandis que sa mère pratiquait le piano, sa sœur est devenue pianiste
classique. Très vite attiré par la guitare et le jazz, Tal Farlow est influencé au cours de son apprentissage par les grands guitaristes de la fin des années
20 et des années 30 tel Eddie Lang et surtout Charlie Christian, le pionnier de la guitare électrique, dont il déchiffre
tout les solos à l’oreille.
Bien que son père fût musicien amateur, Tal ne commença la guitare qu'en 1942. Il joue quelque temps avec le
pianiste Jimmy Lyons . Pendant six mois il joue à New York dans le trio de la pianiste Dardanelle, travaille aux cotés
des guitaristes bop Sal Salvador et Jimmy Raney. En 1946,
il commença à travailler avec la vibraphoniste Marjorie Hyams dont le trio se produisait en alternance avec le trio de Parker, puis dès 1948, il fut embauché par Buddy DeFranco et ensuite par le trio de Red Norvo
avec Charlie Mingus à la contrebasse. Il intègre
brièvement le Gramercy five du clarinettiste Artie Shaw.
Jusqu’en 1953, les trois musiciens (le trio de Red Norvo ) vont développer un «
jazz de chambre » très efficace, puis la formation se dissout et Tal Farlow rejoint un temps Artie
Shaw (clarinette) , avant de revenir jouer en quintette avec Red Norvo. Ayant établi sa réputation auprès des ces grands noms du jazz, il commence à enregistrer sous son propre nom une
première série de disques de 1954 à 1958. Ces disques (notamment "The Artistry of Tal Farlow" et "The Swinging Guitar Of Tal Farlow") vont révéler aux amateurs de guitare jazz un musicien au style exceptionnel.
L’emploi d’accords non conventionnels et une technique ahurissante de rapidité et de précision fascine et force le respect de nombre de ses contemporains.
Tal Farlow devient alors une influence majeure pour
beaucoup de guitaristes. En 1958, il se marie avec Tina Loewe et se retire progressivement de la scène jazz professionnelle, pour aller vivre à Sea Bright
(New Jersey). Il continue à jouer mais quasi-uniquement dans de petits clubs locaux, subsistant principalement au travers de la peinture d’enseignes. C’est pourtant au cours de cette période (de
1962 à 1971) que la célèbre firme Gibson développe un modèle portant son nom, guitare aujourd’hui prisée par
les collectionneurs et dont il existe une réédition depuis 1989...Reconnu comme l'un des meilleurs musiciens à la guitare, il est récompensé par la revue downbeat en 1954. Tal enregistre plus d'une demi-douzaine d'albums sous son nom
entre 1953 et 1958, année où il se retire de la scène du Jazz pendant une dizaine d'années , fait un come-back en 1969
Deux disques sortent en 1960, puis plus rien avant 1969 où sort "The
Return Of Tal Farlow" et où il se produit au Newport Jazz Festival avec le George
Wein’s All Stars. Ce n’est cependant que progressivement qu'il revient vers le professionnalisme, ne reprenant à plein temps qu’en 1976, date à laquelle il signe un contrat avec la maison
de disque Concord, et recommence à enregistrer régulièrement.
Il donne alors des concerts dans le monde entier devant des assemblés d’amateurs médusés par l’évolution d’un
musicien s’étant longuement isolé et dont la flamboyance fait toujours l’unanimité. Tel le phénix, Tal Farlow débute donc une deuxième vie de musicien, nous léguant ainsi une deuxième salve de chefs d’œuvres de la guitare jazz (A Sign Of
The Times ; Chromatic Palette ou encore The Legendary Tal
Farlow). Il enchaîne aussi les collaborations, notamment au sein du Great Guitar Trio où il remplace occasionnellement
Herb Ellis, Charlie Byrd ou
Barney Kessel, mais aussi superbement avec Lenny Breau
(Chance Meeting) ou encore avec le français Philippe Petit .
A partir de 1975 Tal Farlow se produit régulièrement en
tournées notamment avec George Duvivier ou Tommy Flanagan
. Sa virtuosité ouvrit la route à une école d'improvisateurs à l'attaque dure et agressive, et porta la guitare loin de la douce sonorité du "cool".
C'est le meilleur représentant du style hard-bop...Un film sur sa
vie Talmage Farlow a été tourné en 1981 par le réalisateur Lorenzo DeStefano.
En 1994, sa femme décède, peu après Tal Farlow arrête les longues tournées
mondiales, trop fatigantes pour sa santé et ne joue plus qu'aux USA. En juin 1996, JVC lui dédie son célèbre festival de Jazz et il
partage la scène du Merkin Hall (New York) avec nombre de ses amis et de guitaristes ayant subit son influence. L’année suivante, il se remarie avec Michelle Hyk, malheureusement en août,
on lui diagnostique un cancer de l’œsophage dont il décédera le 25 juillet 1998 en ayant continué de
jouer quasiment jusqu’au dernier souffle.
Retiré volontairement de la scène professionnelle entre 1959 et 1976, Tal Farlow aura malheureusement réussi à
se faire un peu oublier du grand public, même si sa seconde partie de carrière reste tout à fait exceptionnelle. Il n'en reste pas moins un guitariste sans
pareil, dont la virtuosité, mais surtout l'imagination mélodique, fait de lui un des grands stylistes de la guitare, au même titre qu'un Andrés Segovia, qu'un George Van Eps pour ses lignes d'accords ou qu'un Django Reinhardt.