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Shorty Rogers, né Milton Rajonsky,le 14 avril 1924 à Great Barrington et décédé le 7
novembre 1994 à Van Nuys, a fait ses études musicales à la "High School of Music and Arts" de New York...
Il commence sa carrière comme trompettiste dans des orchestres de danse et de jazz
dans les années 40. Il travaille, entre autres, pour Will Bradley...Durant la Seconde Guerre Mondiale, il sert dans l'US Army (1943-1945).
Encore sous les armes, il travaille pour Red Norvo, et, ponctuellement,
pour Cozy Cole.
Shorty Rogers, travaille ensuite pour Woody Herman de 1945 à 1946 (période First Herd), puis de 1947 à 1949 (période Second Herd). Au
sein du big band du clarinettiste, Rogers est à la fois trompettiste, arrangeur et compositeur. Si l'essentiel de ses
compositions sont d'esthétique "swing" mâtiné d'apports be bop, il signe même pour cette formation quelques pièces plus "ambitieuses" comme Igor (un hommage à Igor Stravinsky). Entre ses deux séjours chez Herman, il
travaille successivement pour Kai Winding, Charlie Barnet
et Butch Stone.
De 1950 à 1951, il travaille pour Stan Kenton (période Innovations in Modern Music - époque où le big band est parfois augmentée d'une section de cordes). Pour l'orchestre de ce dernier, il signe,
entre autres, des pièces comme Art Pepper ou Maynard Ferguson, "Coop's Solo pour Bob Cooper, petits "concertos" pour les
solistes dédicataires. Pour Kenton, il écrit aussi des titres orientés latin jazz : Viva Prado, Sambo (un mélange de samba et de mambo),... Il est à noter qu'à l'époque, chez Kenton, Rogers signe
essentiellement des titres "purement jazz" (Jolly Rogers, Round
Robin,...).
Shorty Rogers est installé sur la côte Ouest, depuis 1947.
C'est en Californie, au "Allied Arts Center" de Los Angeles qu'il approfondit ses connaissances en écriture musicale en
suivant l'enseignement, avec Jimmy Giuffre, du théoricien et pédagogue Wesley LaViolette.
Dans les années 50, il est un des piliers du club 'Lighthouse' d'Howard Rumsey à Hermosa Beach, "temple" du jazz West Coast. Avec Shelly Manne et Jimmy Giuffre, il est d'ailleurs un des initiateurs
et des artistes les plus représentatifs de ce style.
Rogers dirige ses propres orchestres, généralement nommé "Shorty Rogers and His Giants". Outre avec son propre leader de son combo régulier, Shorty Rogers enregistre aussi comme leader de big bands occasionnels réunissant
le gratin du jazz West Coast et le fleuron des "requins de studios" de l'époque (Conrad Gozzo, Maynard Ferguson, Al Porcino,
Buddy Childers, Conte Candoli, Harry
Edison, Pete Candoli, John Graas, Frank Rosolino, Milt Bernhart, Jimmy Knepper, Bob Enevoldsen, Art Pepper, Bud Shank, Jimmy Giuffre, Zoot Sims, Charlie Mariano, Bob Cooper, Herb Geller, Pete Jolly, Lou
Levy, Marty Paich, Curtis Counce, Shelly Manne,
Stan Levey, Mel
Lewis, Larry Bunker,...)..L'album Modern Sounds (Capitol Records, 1951) en octet n'est pas sans évoquer, pour son instrumentation et ses choix esthétique, les séances Birth of the cool de Miles
Davis. Rogers reprend d'ailleurs l'idée d'une petite formation incluant les deux instruments "rares" que sont le cor d'harmonie et le tuba.
Sur l'album en big band, 'Shorty Courts the Count' (RCA
Victor, 1954), Rogers, qui garde aussi ici l'idée de l'utilisation du cor et du tuba, montre qu'il sait allier les subtilités d'écriture du jazz cool et le
swing musclé à la Count Basie.
Parmi ses les nombreux enregistrements comme "leader" on citera aussi : Shorty
Rogers and His Giants ; The swinging Mr. Rogers ; Martians Come Back ; Way Up There ; Collaboration (co-leader André Previn) ; Cool And Crazy ;
The Big Shorty Express ; Portait of Shorty ; Wizard of Oz and Other Harold Arlen
Songs ; Gigi In Jazz ; You Shorty, Me Tarzan ; The Fourth Dimension In Sound ; Bossa Nova ; Jazz Waltz.
Comme compositeur Shorty Rogers privilégie la simplicité : la plupart de ses compositions découle du blues ou de l'anatole avec souvent usage de "phrases riffs. Comme arrangeur, il allie le son cool des
"Brothers", le swing de Count Basie et la "force de frappe" des sections de cuivres Kentoniennes.
On remarquera que Shorty Rogers donne souvent à ses compositions des titres
incongrus (Tales of an African Lobster,...) ou reposant sur des jeux de mots : Sweetheart of Sigmund Freud, Coop de Graas, Jolly Rogers,... On remarquera le running gag de la série de titres "martiens" :
Martians Go Home, Martians Come Back, Martians Stay Home, Here's That Old Martian Again, Have You Hugged A Martian Today, March Of The Martians, Martian
Lullaby, Martian Bossa Nova,...
Shorty Rogers participe comme instrumentiste '"sideman" (ex. avec
"Shelly Manne and his men") ou arrangeur (ex. : Chet Baker and
Strings, 1954 ; Lou Levy : Jazz in Four Colours, 1956 ; Jack Montrose : Blues and Vanilla, 1956 ; ...) à de nombreux autres disques de jazzmen "West Coast".
En 1954, il enregistre des titres en trio avec Shelly Manne (batterie) et Jimmy
Giuffre (clarinette, saxophone) pour l'album The Three and the Two. Ce disque en trio sans section
rythmique est assez "avant gardiste" pour l'époque. On remarquera que sur Three On A Row, Rogers tente d'appliquer au jazz les règles de l'écriture sérielle.
D'origine juive, il participe comme trompettiste et arrangeur à l'album de Shelly
Manne, Steps to the desert : modern jazz versions of favorite Jewish and Israeli
songs (Contemporary, 1962).
Sous le pseudonyme de Boots Brown, il enregistre quelques amusants
pastiches de rhythm and blues / rock n' roll (Boots and his Blockbusters). Sur ces plages, le "calme et cérébral" Jimmy Giuffre est employé à contre-emploi comme "saxophoniste
hurleur".
Il travaille par ailleurs pour le cinéma. C'est lui, par exemple, qui en
1953, dirige l'orchestre de la musique du film de L'Equipée sauvage (Laslo Benedek, musique signée Leith Stevens). C'est aussi lui
qui, en 1954, dirige l'orchestre pour la musique de Private Hell 36 (Don Siegel, musique signé Leith Stevens)
En 1955, c'est aussi Shorty Rogers qu'on voit à l'écran diriger, dans le
film L'homme au bras d'or (Otto Preminger, musique signée Elmer Bernstein), l'orchestre dont le personnage joué Franck Sinatra (l'acteur est doublé pour les séquences musicales par Shelly Manne) est le batteur.
Shorty Rogers a produit, à partir de 1956, les premiers albums
d'Eddie Cano.Pour anecdote, il est le compositeur de la musique du
dessin animé de Friz Freleng Three Little Bops (1956) où l'on peut voir les "trois petits cochons" devenus boppers affrontant un
loup trompettiste.
Outre dans le domaine du jazz et de la musique de film, il s'illustre aussi dans la musique latine :
Voodoo Suite (co-leader Perez Prado), Manteca, Afro-Cuban Influence,...
Vers le milieu des années 60, Rogers disparait de la scène du jazz. Il travaille
alors intensivement pour la télévision (cf. filmographie plus bas) et, plus accessoirement, le cinéma. À la même époque, il écrit aussi des multitudes
d'arrangements pour des artistes de variétés ou de musique pop (Herb Alpert, The Monkees,...).
Il est difficile de se faire une idée du travail de Shorty Rogers durant
ces années. Nombre de ses arrangements (en particulier pour la télévision) ne sont en effet pas "crédités".
En 1980, il fait un "come-back" au jazz. On peut l'entendre en concert, jouant du bugle, à la tête de formations
réunissant ses anciens complices de l'époque "West Coast" ("The Lighthouse All-Stars" incluant June
Christy, Bill Perkins, Bud Shank, Bob Cooper, Pete Jolly,
Larry Bunker,..). En 1985, on a pu l'entendre et le voir en France avec cette formation aux festivals de jazz de Nice et de Vienne.
Il décède en 1994 en Californie.
Discographie Partielle :
Modern Sounds, Shorty Rogers & His Giants (1951, Capitol Records H-294)
Popo (1951, Xanadu Records)
Complete Lighthouse Sessions - co-leader Art Pepper (1951, Jazz Factory)
Short Stops (1953, Bluebird Records)
Infinity Promenade (1953, RCA Victor Records)
Tale of an African Lobster (1953, RCA Victor Records)
Shorty Rogers Courts the Count (1954, RCA Victor Records)
The Swinging Mr. Rogers (1955, Atlantic Records)
Martians Come Back (1955, Atlantic Records)
Martians Stay Home (1955, Atlantic Records)
Clickin with Clax (1956, Atlantic Records)
The Big Shorty Rogers Express (1956 RCA Victor)
Wherever the Five Winds Blow (1956; RCA Victor)
Shorty Rogers Plays Richard Rodgers (1957, RCA Victor)
Way Up There (1957, Atlantic Records)
Portrait of Shorty (1957, RCA Victor)
Chances Are It Swings (1958, RCA Victor)
The Wizard of Oz and Other Harold Arlen Songs (1959, RCA Victor)
Shorty Rogers Meets Tarzan alias You Shorty, Me Tarzan (1959, MGM)
The swingin' Nutcracker (1961, RCA Victor)
The Fourth Dimension In Sound (1961, RCA Victor)
Bossa Nova (1962, Reprise)
Return to Rio (1962, Discovery)
Jazz Waltz (1963, Reprise)
Gospel Mission (1960, Capitol)
Re-Entry (1981, Atlas Japan)
Yesterday, Today and Forever - co-leader Bud Shank - (1983, Concord Jazz)
Back Again (1984, Choice Records)
Shorty Rogers, Bud Shank & Lightouse All Stars : America The Beautiful (1991, Candid Records)
Shorty Rogers, Bud Shank & Lightouse All Stars : Eight Brothers (1992, Candid Records)