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Frank-ZAPPA---8.jpgSi le Jazz et le Rock n’ont pas toujours fait bon ménage ,il est un artiste qui a parfaitement réussi la synthèse de ces deux genres ,ou ,plus précisément , la synthèse entre jazz d’avant-garde ,musique contemporaine et Rock auxquels il a ajouté une causticité bien personnelle : il s’agit du compositeur-guitariste Frank Zappa .


 Né à Baltimore ,maryland le 21 Décembre 1940 ,Frank Zappa suit sa famille en Californie en 1950 .Jouant en premier lieu de la batterie ,il apprend ensuite la guitare ,puis découvre les musiques de Stravinsky et de Varèse ,ensuite le Blues et le Rock’n Roll .

En 1964 ,il fonde les « muthers » ,orchestre qui prend très vite le nom de ‘Mothers of Inventions’  et qui comprend Ray Collins aux vocaux ,le guitariste Elliott Inger ,le bassiste Roy Estrada et le batteur Jimmy carl Black…le premier album ‘Freak out’ est réalisé en 1966...D’autres chefs d’œuvre suivront (tous visions acides du rêve américain) ,enregistrés avec quelques uns des plus grands musiciens du rock et du jazz .des gens comme ,Jean-Luc Ponty pour « Hot Rats » , « overnite sensation » et « Apostrophe »..,Sugarcane Harris pour ‘Hot rats et ‘Burnt weedy.. ;George Duke pour « Chunga’s revenge ».. ;Captain Beefheart pour « Bongo fury » et Ainsley Dunbar pour « Apostrophe »…

Guitariste véritablement original ,Frank Zappa a été et demeure ,l’un des compositeurs les plus intéressants du mouvement rock.. Plus de 50 albums sont là pour le prouver ..mais sa rencontre avec Jean-Luc Ponty fut un tournant très riche sur son parcours. En effet ,Zappa qui était vraiment passionné par le jazz ,entamera une collaboration fructueuse dès 1970 ,avec le violoniste français et avec d’autres comme George Duke ,lequel avait déjà travaillé avec Ponty ...Frank disait :..« Jazz is not dead it just smells funny !!.. » (le jazz n’est pas mort il a juste une drôle d’odeur !)…Zappa composera pour « king kong » ,le premier album solo de JL Ponty ,un magnifique « Concerto pour violon électrique et orchestre à petit budget » …d’ailleurs Ponty disait en se souvenant de cette époque : « ..Zappa qui adore le jazz ,brûlait d’envie de jouer avec des jazzmen .le producteur de chez Liberty ,lui a fait entendre mes disques ,en lui demandant s’il serait d’accord pour m’écrire la musique d’un album.Je lui dit que j’aimais ses compositions…Frank zappa ne demandait pas mieux ,mais avant ,il voulait être sûr que je ne’avais aucune réticence envers sa musique.Il m’a invité à une des séances d’enregistrement pour le disque « Hot rats »…j’étais seul dans le studio avec ian Underwood et on a enregistré des re-recordings entièrement écrits par Zappa sans aucune improvisation…j’étais emballé ,jouer ce type de musique ne me posait aucun problème.. » .

 En 3 semaines Frank Zappa a écrit les arrangements de l’album ‘king kong’..il aurait aimé écrire pour un orchestre symphonique ,mais pour raisons financières il n’a pas pu obtenir une formation aussi importante .C’est pourquoi le plus long thème du disque et qui dure 20 minutes est intitulé « Concerto pour violon électrique et orchestre à petit budget » …

Frank Zappa a laissé une discographie très riche avec notamment : « Absolutly Free » , « We’re only in it for the money » , « Overnite sensation » , «Waka/Jawaka » , « sheik Yerbouti » , « joe’s garage » , « Shut up’n play yer guitar » …

Il a également produit un grand nombre de groupes et de chanteurs ,comme Alice Cooper et Tim Buckley ,il a signé la musique de plusieurs films dont le fabuleux « 200 motels » avec de grands musiciens rock…Frank travaillera aussi un temps avec Pierre Boulez .

 

Le 4 décembre, pendant qu’il se produit avec son groupe au Casino de Montreux au bord du Lac Léman, en Suisse, le feu prend dans le plafond de la salle, allumé par une fusée de détresse tirée par l'un des spectateurs. Le Casino ainsi que le matériel des Mothers sont intégralement détruits, mais Zappa réussit à faire sortir tout le public sans incidents graves et dans le calme. Cet évènement sera immortalisé dans la chanson Smoke on the Water du groupe Deep Purple, qui enregistrait au même moment l'album Machine Head dans le studio mobile des Stones. On peut entendre cet évènement sur le bootleg "Fire!" édité officiellement dans le coffret "Beat the Boots II"...Le 10 décembre, Zappa est projeté dans la fosse d’orchestre par un spectateur, Trevor Howell, lors d’un concert donné au Rainbow Theatre de Londres. Celui-ci justifia l'agression de deux manières : soit il jugea la qualité de la prestation trop médiocre, soit il considéra que le compositeur-guitariste avait regardé sa petite amie avec trop d’insistance. Frank Zappa souffre de plusieurs fractures sérieuses, d’un traumatisme crânien, de blessures au dos, au cou, ainsi que d’un écrasement du larynx. Pendant plus d'un an, Zappa reste en chaise roulante, dans l'incapacité de jouer en concert et gardera des séquelles de l'événement :« J’ai fini par me remettre, mais ma jambe est restée un poil plus courte que l’autre, d’où ces années de douleurs chroniques dans le dos. Durant ma saison en fauteuil roulant, j’ai refusé interviews et photos, je voulais juste faire de la musique, et j’ai quand même pu réaliser trois albums : Waka/Jawaka, Just Another Band From L.A. et The Grand Wazoo».

En 1972 sortent deux albums ambitieux : Waka/Jawaka et l'un de ses albums les plus aboutis, The Grand Wazoo. Devant leur échec commercial, il décide de devenir plus facilement accessible sans compromettre ses standards de qualité. Les résultats sont Over-Nite Sensation, Apostrophe, Roxy & Elsewhere et (bouquet final) One Size Fits All, avec une nouvelle version des Mothers, un de ses meilleurs groupes incluant George Duke aux claviers, Napoleon Murphy Brock au saxophone et au chant, Ruth Underwood aux percussions, Chester Thompson à la batterie. Un des plus acclamés aussi qui aura droit à un album entier de la série "Live" en six "volumes" You Can't Do That On Stage Anymore. C'est aussi l'ultime déclinaison des Mothers of Invention. Après un dernier disque live enregistré en 1975 avec son vieux complice Captain Beefheart, Bongo Fury, Frank Zappa les dissout définitivement, et ne publiera plus que sous son propre nom.

En 1977, Frank Zappa veut produire un coffret à huit faces (quatre disques) qu’il intitule Läther (seul 300 coffrets de 4 Lp seront distribués aux radios) et qui doit représenter son travail en studio, sur scène et d’orchestration. Mais la compagnie qui doit le distribuer, la Warner, refuse de le publier. Au lieu de quoi, le contenu de ce disque « perdu » (jusqu’en 1996, œuvre que sa famille commercialisera telle qu’elle était conçue au départ sous la forme d'un coffret CD trois ans après son décès), apparaîtra éparpillé sur quatre albums différents: Zappa in New York, Studio Tan, Sleep Dirt et Orchestral Favorites. D’autres bouts seront aussi présents sur Shut Up 'N' Play Yer Guitar et Zoot Allures...En décembre 1977, sur les ondes de la radio de Pasadena KROQ radio, il diffuse Läther dans son intégralité en déclarant au micro « C’est Frank Zappa, je suis votre disc-jockey temporaire, prenez votre petit appareil à cassette et enregistrez cet album qui ne sera peut-être jamais disponible pour le grand public ».

   
Zappa attaque la Warner qui a refusé de le payer pour tout ce matériel qu'elle a publié un peu n'importe comment, crée son propre label « Zappa Records », distribué par Mercury/Phonogram, et publie en 1979 Sheik Yerbouti (album basé sur des enregistrements live de sa tournée européenne 1978), qui marque le début d’une excellente période en termes de réussite commerciale et contient un titre qui se classera no 1 en Norvège : Bobby Brown. Dans le groupe qui l'accompagne alors, le batteur Terry Bozzio, le guitariste Adrian Belew, et le claviériste Tommy Mars se mettent en valeur pour se couler parfaitement dans l'esprit et la technicité de sa musique.
Dans la foulée, le génial « American composer » (« compositeur américain », comme il aimait se définir), qui avouera n'avoir jamais été capable sur scène de jouer de la guitare et de chanter en même temps, sort son "opéra-rock" en trois actes, Joe's Garage, interprété par un nouveau groupe où se distinguent le chanteur Ike Willis, le batteur Vinnie Colaiuta, le bassiste Arthur Barrow et le guitariste Warren Cucurullo et où tous les genres musicaux du rock (du reggae au disco en passant par le funk, la pop, le rock pur, le rythm'n'blues etc.) sont abordés à la sauce Zappa. Il y brocarde notamment l'église de scientologie qui devient ici « church of appliantology » dont le fondateur se nomme L. Ron Hoover (et non L. Ron Hubbard). On y trouve aussi la phrase-manifeste "Music is the Best" (la musique est la meilleure des choses). Ce sera un de ses plus grands succès commerciaux...

 

Les morceaux de Zappa ne sont jamais vraiment achevés. Les concerts sont toujours l'occasion de nouveaux arrangements. Zappa ne joue jamais deux fois le même morceau, en fait. Par exemple, la Black Page : sur Zappa in New York on trouve une première version avec solo de batterie, rajouts de percussions, puis un orchestre réduit ; sur le même album, on trouve la seconde version, qui comporte une rythmique qu'on pourrait dire disco-funk et des arrangements beaucoup plus grandiloquents ; sur Make a Jazz Noise Here, on peut entendre la new age version, très lente, menée par des cuivres langoureux, et qui finit par reprendre à toute allure. De surcroît, Zappa avait mis au point tout un langage gestuel qui lui permettait d'indiquer à n'importe quel moment un changement d'interprétation quelconque : ainsi, tel geste signifiait qu'il fallait jouer en reggae, ou en hard rock, etc. Par exemple, s'il tournait un doigt à droite et derrière sa tête comme s'il tripotait une dreadlocks, le groupe derrière lui jouait de façon reggae ; s'il faisait de même avec ses deux mains, le groupe jouait du ska ; s'il mettait ses deux mains à l'entrejambe et qu'il mimait une grosse paire de testicules, les musiciens savaient qu'ils devaient jouer du heavy metal. Frank Zappa pouvait donc modifier sa composition au moment même où le groupe la jouait sur scène...Tout cela nécessitait d'avoir de bons musiciens. Et là encore, Zappa fut loin d'être en reste. En 1969, il renvoya tous ses musiciens (les Mothers of Invention d'origine), pour une raison qu'il convient de relativiser : dès lors qu'il fit état de gros problèmes financiers à l'époque, qu'ils n'étaient plus assez bons pour jouer sa musique, qui se complexifiait toujours plus. Il employa de nombreux batteurs : Aynsley Dunbar, Chester Thompson (accompagné de Ralph Humphrey dans la série de concerts de fin 1973 notamment au Roxy), Terry Bozzio, Vinnie Colaiuta, Chad Wackerman. En fait, Zappa fut au rock ce que Miles Davis fut au jazz : un formidable révélateur de talents. Et comme pour Miles Davis, chaque nouveau groupe fut un nouveau style, une nouvelle source de compositions et d'arrangements.


À partir du début des années 1980, Frank Zappa explore les liens entre la musique qu'il a toujours jouée et la musique savante, en enregistrant notamment deux disques avec le London Symphony Orchestra. Le 9 janvier 1984, Pierre Boulez et l'Ensemble intercontemporain jouent trois pièces de Zappa qui feront partie de l'album Boulez Conducts Zappa: The Perfect Stranger qui sortira à la fin de la même année.

Après une interruption, Frank Zappa revient et une grande partie de son travail ultérieur est influencée par son utilisation du synclavier comme outil de scène ou de composition, ainsi que par sa maîtrise des techniques de studio pour produire des effets sonores singuliers. Il est l'inventeur de la xenochronie, technique de studio utilisé sur de nombreux albums. Son travail devient également plus explicitement politique : il se moque des télévangélistes et du Parti républicain américain...Au début des années 1990, Zappa consacre presque toute son énergie à des travaux orchestraux et de synclavier. Fin 1991, sa fille aînée, Moon Unit, révèle à la presse que son père est atteint d’un cancer de la prostate, maladie qui cause sa mort le 4 décembre 1993, à l'âge de 52 ans. Sa dernière tournée accompagné d'une formation rock a eu lieu en 1988, avec un ensemble de 12 musiciens de qui il exige de connaître plus de 100 compositions, la plupart tirées du répertoire de Zappa, mais qui se sépare par mésentente avant la fin de la tournée. Celle-ci est cependant immortalisée dans les albums The Best Band You Never Heard in Your Life (des morceaux aux textes « politiques », et des reprises de musiques de films principalement), Make a Jazz Noise Here (principalement de la musique instrumentale et expérimentale), Broadway the Hard Way (de nouvelles chansons), ainsi que sur quelques plages de You Can't Do That on Stage Anymore, Vol. 6.  Frank Zappa entre dans Rock and Roll Hall of Fame en 1995

You Can't Do That On Stage Anymore ("tu ne peux plus faire cela sur scène désormais") est la dernière production importante de sa vie. Un projet majeur qu'il parvient tout juste à mener à bien, les volume 5 et 6 étant publiés en 1992 : il compile sur six doubles CD (et près de 20h d'écoute) trois décennies de prestations scéniques, mêlant (parfois dans la même chanson) tous ses différents groupes et toutes les époques sans aucun ordre chronologique. C'est une plongée vertigineuse dans ce qu'il appelait 'the conceptual continuity', la continuité conceptuelle qui définit la cohérence globale de son œuvre. Très tôt, Frank Zappa avait entrepris d'enregistrer tous ses concerts, les bandes, qui servaient souvent de base à ses albums live ou studio, étant stockées dans un endroit mythique dénommé The Vault (la chambre-forte) d'où la famille Zappa continue à sortir régulièrement des albums.
Quelque temps avant sa mort, Zappa s'occupa de la politique culturelle tchèque à la demande de Václav Havel; les deux hommes avaient une profonde estime mutuelle.

Ses deux fils Ahmet et Dweezil Zappa sont également musiciens ; ensemble ils ont formé le groupe Z. En mai et juin 2006, son fils Dweezil a organisé et dirigé la tournée Zappa Plays Zappa présentant exclusivement des morceaux composés par son père.

Zappa fut un immense révélateur de talents. Et , chaque nouveau groupe a donné un nouveau style, une nouvelle source de compositions et d'arrangements.

 

Frank Zappa est décédé le 4 Décembre 1993 à Los Angeles . 

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