
JAZZ MUSICIAN's WEBSITE
De Armstrong à Miles Davis en passant par Charlie Parker ,Art Blakey ou encore Max Roach et Horace Silver jusqu'à Pastorius
et Chick Corea...Bop,Hard Bop ,Cool,Post-bop,Néo-Bop,Swing ,Soul et Latin-jazz .
"L'éternité c'est long , surtout vers la fin.." (Woody Allen)
Gil Evans a eu ce don très particulier et rare de révéler à ses solistes tout ce qu’ils pouvaient tirer de leurs instruments…Miles Davis d’ailleurs ,a été le premier à en bénéficier ,mais il ne fut pas le seul.
Gil Evans est ,avec raison ,considéré comme l’arrangeur le plus talentueux de l’après-guerre.
Arrangeur d’une sensibilité peu commune ,Gil Evans a eu cette vertu de permettre aux solistes de se découvrir…c’est-à-dire de mieux exploiter toutes les possibilités de
leur instrument .Comme l’a dit un jour Gerry Mulligan : « Gil est le seul arrangeur avec qui j’ai travaillé qui soit vraiment capable de
noter un truc de la manière dont le soliste le jouerait . »..
L’exemple le plus marquant a été le saxo soprano Steve Lacy ,un ancien dixielander qui ,grâce à ‘l’initiateur’ Evans ,est
devenu un maître du Jazz moderne ,notamment lorsqu’il s’est trouvé aux côtés de Cecil Taylor .
Quand à Miles Davis ,il est clair que Gil Evans a contribué à façonner la sonorité caractéristique du trompettiste ,..épurée de
toute trace d’attaques enflammée ,calme ,lyrique ,statique (chaque gradation étant prévue) .La préférence est toujours accordée aux grandes lignes aussi bien en termes de mélodies que de
dynamique …Même si Gil Evans a eu une certaine tendance a favoriser les trombonistes et les trompettistes certains saxophonistes ,et pas des moindres ,ont pu
parfaitement s’exprimer dans l’orchestre d’Evans .
Ce fut le cas de Jullian Cannonball Adderley ,de
David Sandborn ,d’Arthur Blythe ,mais aussi de Billy Harper et de Wayne Shorter ,dont la carrière allait vraiment éclater dans le combo de Miles Davis au début des années 60 .
Il convient de citer le guitariste Barry Galbraith ,aux lignes mélodiques très délicates ,qui s’est trouvé en harmonie totale avec le ‘son Evans’
.
Gil Evans avait une conception originale de la façon dont il
fallait utiliser les différentes sections de l’orchestre ,afin de créer ce ‘nouveau son’ qu’il cherchait en réalité depuis l’époque où il travaillait pour l’orchestre de
Claude Thornhill .Cette musique ,que certains critiques ont baptisée « de chambre » ,donnait une place prépondérante à des instruments tels que le
cor d’harmonie et le tuba – une musique feutrée et intime ,une musique qui devait donner l’impression au mélomane ,selon Evans lui-même ,que ‘tout évoluait à une
vitesse minima’..la mélodie comme l’harmonie et le rythme .Le son se trainait comme un nuage .Par la suite ,et sans doute sous la double influence de Lester
Young et de Charlie Parker ,l’arrangeur cherchera à donner une dimension nouvelle à cette « musique de chambre » ,en souhaitant ,une ligne mélodique en évidence ,une construction rythmique audacieuse ,une structure harmonique plus mobile .
Il s’appliqua à concevoir la création harmonique et l’orchestration (l’une et l’autre devant s’interpénétrer) comme un seul acte .
Lorsque Miles Davis se lancera dans le Jazz contemporain ,Gil Evans introduira dans sa formation des instruments électroniques .pourtant ,les deux musiciens n’auront pas les mêmes conceptions du Jazz ,à tel point que le « Davis Concert » ne jouera plus ,à quelques exceptions près ,avec son complice de ‘Miles ahead’ .En revanche ,au début des années 60 ,Arthur Blythe et Lew Soloff ,tous deux remarquables solistes ,apparaitront en adéquation avec la dernière période des recherches de Gil Evans .