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Il était l'aîné d'une famille de quatre enfants. Il passa sa jeunesse dans le quartier italien de Johnstown (Pennsylvanie).
Son père, Mariano Passalaqua, était sidérurgiste. Joe commença à jouer de la guitare à l'âge de 9 ans et prit ses premières leçons avec des amis de son père.
Son père l'encouragea vivement quand il vit que Joe passait l'essentiel de son temps libre à travailler l'instrument....Joe Pass
(Joseph Antony Jacobi Passalaqua) est né le 13 janvier 1929 à Brunswick dans le New Jersey (USA). Il est décédé le 23 mai 1994 à Los Angeles, Californie
(USA).
À l'âge de 14 ans il jouait déjà pour des mariages et des fêtes de quartier. Le
be-bop le fascina et à l'âge de 20 ans il se rendit à New York où il put écouter les meilleurs musiciens du moment. C'est à cette époque qu'il tomba dans l'engrenage de la drogue. Pendant
plus de 10 ans, jusqu'au début des années 60, il resta sous l'emprise des drogues. Il fut arrêté plusieurs fois avant d'être admis à Synanon, un centre de
désintoxication.
Malgré une enfance dans un milieu non-musical, Joe débute la guitare à l'âge de 9 ans, poussé par son père
Mariano, qui décèle l'aptitude de son fils à capter des sons et les reproduire. C'est ce don qui permettra notamment à Joe d'adapter n'importe quel morceau à la guitare.
Inspiré par l'esprit du saxophoniste Charlie Parker (il s'intéressera plus
tard à Django Reinhardt), Joe débute ainsi sur scène dès l'âge de 14 ans sous la houlette de
Tony Pastor et Charlie Barnet. Il découvre ainsi le monde professionnel de la musique et passe la plupart de son temps
sur la route, éloigné de sa famille. Au fil des concerts, l'adolescent devient adulte et finit par s'installer à New York City. C'est à cette période qu'il
cède aux sirènes d'une vie rock'n'roll. Joe tombe progressivement dans l'alcool et les drogues. Durant près d'une décennie, il traverse un long couloir obscure.
Alors qu'il séjournait à Synanon, il enregistra avec un groupe composé de musiciens résidant dans ce centre. Le
disque s'intitula Sounds of Synanon et quand les critiques de jazz l'entendirent, ils s'extasièrent pour le jeu de guitare de Joe. Son séjour dans ce centre
dura 3 ans à l'issue desquelles il reprit de pied ferme sa carrière musicale. A sa sortie de Synanon il joua dans la région de Los Angeles avec les meilleurs
musiciens et fut engagé comme guitariste de studio. Il participa pendant plus de cinq ans à des séances d'enregistrement jusqu'au jour où Norman Granz (le producteur international ) le persuada de le
rejoindre et de signer pour son label Pablo. C'est à cette époque qu'il débuta sa carrière internationale.
Pour le label Pablo, Joe Pass enregistra des albums solo (Virtuoso, for Django) et joua avec différentes formations. On le retrouve
notamment au côté de Oscar Peterson, Niels-Henning Ørsted Pedersen, Zoot Sims, Ella Fitzgerald. Son style de guitare est inimitable. Joe a
souvent été surnommé le « Art Tatum de la guitare ». Il est vrai que son jeu de guitare en solo s'apparente clairement à celui
du célèbre pianiste.
Encore lucide, il s'en sort après un séjour de 2 ans et demis dans le centre de désintoxication de Synanon.
Durant cette période et les semaines qui suivent sa sortie, il ne touchera plus à sa guitare.
Joe marque son vrai retour avec l'album "The Sounds Of
Synanon" en 1961. Dès lors, tout redémarre. Il reçoit du magazine Downbeat le prix de la nouvelle star deux ans plus tard et travaille
inlassablement. Durant les années 1960, il rattrape son retard et enchaîne les albums en solo sur le label Pacific Jazz ("Catch Me", "12-String Guitar," "For Django," et "Simplicity") mais aussi en invité, notamment chez Gerald Wilson, Bud Shank ou Les McCann.
Mais Joe donne assez peu de concerts. Hormis la tournée avec George Shearing en 1965, il préfère enregistrer des sessions pour la
télévision et jouer à Los Angeles. C'est à cette époque qu'il joue avec Frank Sinatra, Sarah Vaughan ou encore Joe Williams...
Au début des années 1970, il est un habitué du Donte's Jazz
Club de Los Angeles où il donne la réplique à un autre guitariste, Herb Ellis. De ce duo naîtra un premier album sur le nouveau label Concord Jazz: "Jazz/Concord" avec Ray Brown à la basse) et
Jake Hanna à la batterie. L'artiste se diversifie également en coécrivant une méthode de guitare amenée à éclairer les étudiants en musique jazz:
"Joe Pass Guitar Style".
Mais la percée viendra de Verve dont le fondateur, Norman Granz, tombe sous le charme de son jeu et le signe en
1970. Pass passe sous le nouveau label de Granz, Pablo Records (en référence à son ami Picasso). Avec Verve, Joe
Pass va graver ses meilleurs albums. D'abord le chef d'oeuvre de sa vie, la série des 4 "Virtuoso" qui seront réunis dans le
coffret posthume Guitar Virtuoso. Ensuite, il jouera avec Oscar Peterson et Niels-Henning Ørsted Pedersen, notamment sur "The Trio" (1974).
Cet album lui vaudra le Grammy de la meilleure performance jazz.
C'est aussi à cette période que Pass délaisse progressivement son médiator.
Las de les casser sans cesse, il improvise finalement une technique de jeu qui, in fine, l'aide à mieux jouer ses harmoniques. Joe travaillera également beaucoup avec d'autres artistes de son
label: Benny Carter, Count Basie, Dizzy Gillespie, Duke Ellington ou
encore et surtout Ella Fitzgerald.
Il disparaît le 23 mai 1994 à Los Angeles, en Californie. Joe Pass restera gravé comme un guitariste soliste hors-pair autant qu'un jazzman important ayant collaboré avec de nombreuses figures du genre.
Son style improvisé, sobre et rapide donnent à son jeu un son unique. En ultime hommage, Epiphone a lancé une guitare semi-acoustique "Emperor" en son
honneur.
Le saxophoniste-compositeur Samuel Carthorne Rivers nous a quitté. Il jouait du saxophone ténor et
soprano, ainsi que de la clarinette basse, de la flûte, de l'harmonica et du piano. Il est né à El Reno (Oklahoma) le 25 septembre 1923 et mort le 26 décembre 2011 à Orlando.
Actif dans le jazz depuis les années 1950, Sam Rivers s'est rendu célèbre avec
l'arrivée du free jazz dans les années 1960. Ayant une connaissance approfondie de la théorie musicale, de l'orchestration et de la composition, il a été un artiste influent et de premier
plan dans la musique de jazz.
Grâce à son père, qui était chanteur de gospel avec les Fisk Jubilee
Singers et le Silverstone Quartet à la fin du siècle, Sam Rivers baigne très jeune dans la
musique. Après un déménagement, il entre en 1947 au conservatoire de Boston avec Alan Hovhaness.
De 1955 à 1957, il accompagne Billie Holliday et rejoint le grand orchestre d’Herb Pomeroy. Il fonde son premier quartet avec un jeune batteur de Boston
âgé de 13 ans : Tony Williams. Quelques étoiles du blues font appel à lui (BB King, et T. Bonne Walker ) et en
1964, il rejoint le quintet de Miles Davis (Miles in Tokyo) où il
succède à George Coleman et où il précède Wayne Shorter. Il enregistre pour Blue
Note (Fuschia Swing Song puis Extensions and
Dimensions) et Impulse (Crystals) quelques disques faisant date.
Sam Rivers s’impose alors comme un musicien essentiel, improvisateur inventif, dynamique, libre et précis ainsi qu’un compositeur inattendu.
En 1959, Sam Rivers commence à se produire avec le jeune batteur Tony Williams, alors âgé de treize ans. Il fait un bref passage auprès du Miles Davis Quintet en 1964, avec l'appui de Tony Williams, et participe à
l'enregistrement de l'album Miles In Tokyo. Malheureusement, le style de Sam Rivers est jugé
trop free pour être compatible avec la musique de Miles Davis à cette époque, qui le fait remplacer par Wayne Shorter. Sam Rivers signe chez Blue Note Records, pour qui il enregistre quatre albums à son nom (avec notamment à ses côtés Jaki Byard, Herbie Hancock et Freddie Hubbard), et il participe en tant que sideman à de nombreux enregistrements avec entre autres
Tony Williams, Andrew Hill et Larry Young.
La musique de Sam Rivers est enracinée dans le bebop, mais il reste un
aventurier, et devient adepte du free jazz. Son premier album chez Blue Note, Fushia Swing Song, est aujourd'hui considéré comme un chef-d'œuvre de l'approche "inside-outside" : l'artiste oblitère fréquemment le cadre harmonique explicite , mais garde une attache discrète pour être en mesure d'y
revenir de manière transparente . Avec ce processus, Sam Rivers a ainsi amené les outils conceptuels du bebop à un niveau différent, capable à tout moment de
"raconter une histoire", ce que Lester Young avait défini comme une
référence pour tout improvisateur dans le jazz.
De 1968 à 1973, il travaille avec Cecil Taylor avec qui il vient en France.
En 1972, il enregistre Streams Live at Montreux pour Impulse ; puis avec sa femme Beatrice crée le
studio Rivbea, rampe de lancement indispensable, essentielle à la nouvelle génération des musiciens américains (Julius Hemphill, Oliver
Lake) et cristallisation de la scène New Yorkaise (Anthony Braxton, Sunny Murray, Dave Burrell). Il participe au célèbre Conference of the Birds de Dave Holland et effectue de nombreuses tournées avec son trio composé de Dave Holland et Barry Altschul. Il est aussi l’un des solistes de l’ambitieux projet de Bill Evans et George Russell. En 1979, il joue en double quartet avec Archie Shepp au Festival de Nîmes.
Ses talents de compositeur étaient déjà évidents à cette époque : sa ballade Béatrice dans l'album Fushia Swing Song est devenue un standard pour les saxophonistes ténors.
Pendant les années 1970, Sam Rivers et sa femme Bea géraient une scène de jazz à
l'intérieur d'un loft, le "Rivbea Studio", situé à New York dans le quartier de Soho. Il continua à enregistrer pour divers labels,
dont plusieurs albums pour Impulse! (Streams, enregistré en live à Montreux, Hues en trio, Sizzle en quartet, et Crystals, son premier album en big band).
Le plus connu des albums de l'époque loft est sans doute Conference of the Birds .
Dans les années 80, il se consacre à l’enseignement, est l’invité du groupe
Roots qu’il quitte et joue avec Dizzy
Gillespie pour le grand orchestre constitué à l’occasion de ses 70 ans en 1987. Il se fait ensuite assez rare tant sur scène que sur disque pour enfin réapparaître aux côtés de
Tony Hymas mais aussi de Noël Akchoté, Paul Rogers, Jacques Thollot dans les années
90. Hymas compose à son intention un Eight Day Journal suite de huit tableaux dont il est le soliste. Les deux hommes enregistre également en duo Winter
Garden qui fait l'objet d'un film remarqué de la réalisatrice Pascale Ferran. Sam Rivers, grâce à la complicité de Steve Coleman remonte son Big Band qui enregistre deux albums pour BMG, alors très ouvertre aux propositions de l'altiste. Sam Rivers est également l'invité de Jason Moran.
Sam Rivers Vivait près de Orlando en Floride. Il se
produisait régulièrement avec son orchestre ou en trio (avec Doug Matthews et Ron Smith. En 1998, après trois albums avec
Tony Hymas ,il a enregistré pour RCA Victor deux albums avec le Rivbea All-Star Orchestra : Culmination et
Inspiration (dont le premier morceau est une ré-interprétation du Tanga (Machito) de Dizzy Gillespie.
Sam Rivers et le Rivbea All-Star Orchestra venaient d'enregistrer plusieurs nouvelles compositions aux
Sonic Cauldron Studios à Winter Springs, (Floride).
Discographie partielle :
1964: Fuchsia Swing Song (Blue Note Records)
1965: Contours (Blue Note)
1966: A New Conception (Blue Note)
1967: Dimensions And Extensions (Blue Note)
1974: Crystals (Impulse!)
1973: Streams (Impulse!)
1975: Involution, (Blue Note)
1976: Sam Rivers/Dave Holland Vols. 1 & 2, (Improvising Artists)
1976: Sizzle (Impulse!)
1976: The Tuba Trio Vols 1-3 (Circle)
1976: Jazz Of The 70's (Circle)
1978: Waves, (Tomato)
1980: Contrasts, (ECM 1162)
1981: Crosscurrent, (Blue Marge 1005)
1997: Configuration, nato
1998: Eight Day Journal, nato (with Tony Hymas)
1999: Winter Garden, nato (with Tony Hymas)
1999: Inspiration, (RCA Victor)