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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 10:51

Duke-Ellongton-Orchestra.jpgUn « big band » est une formation orchestrale, de professionnels ou d'amateurs, qui interprète des œuvres du répertoire jazz, particulièrement dans le style swing jusque dans les années 1960 ; à partir de ces années, l'avant-garde et le free jazz commencent à s'intéresser à ce type de formation. Son nom vient de l’anglais ...Il est parfois appelé « stage band ».

Les années 30 commencent mal en Amérique : le krach de Wall Street de 1929 est l'amorce d'une crise économique sans pareille qui durera jusqu'en 1934. Elle n'est évidemment pas sans conséquence sur les musiciens, en particulier s'ils sont noirs : beaucoup d'entre eux sont forcés de quitter la profession tandis que les orchestres licencient leurs employés et que les maisons de disques font faillite (la consommation de disques aux Etats Unis chute de 100 millions en 1927 à seulement 6 millions en 1932 et les phonographes de 1 million à 40 milles). Pourtant, au début de la crise tout au moins, la récession n'est peut-être pas aussi pénible pour certains musiciens que pour le reste de la population. Ainsi, même si Duke Ellington fait référence à la crise en enregistrant Wall Street Wail le 10 décembre 1929, son orchestre continue ses activités et le Cotton Club à New York ne ferme pas. Ceux qui le peuvent tentent d'oublier leurs soucis ou des les repousser à plus tard en se ruant dans les clubs. Là, ils veulent du spectacle, de la danse, de l'exotisme, une musique gaie, éclatante, qui va chasser pour un soir leur angoisse. A la même époque, Kansas City, ville industrielle frontière entre les Etats du Missouri et du Kansas, échappe sensiblement à la crise qui sévit dans le Nord et attire les musiciens sans travail : c'est dans les bars appelés Sunset ou Cherry Blossom que vont s'élaborer les riffs qui donneront naissance au style Kansas City.

En réponse à cette demande populaire, le jazz se transforme : le blues exprimant la douleur d'un peuple recule au profit d'un répertoire composé essentiellement de chansons (les songs) dont beaucoup deviendront des standards encore joués à l'époque moderne tandis que la prépondérance va aux grands orchestres. Pourtant, l'improvisation qui est au cœur du jazz ne disparaît pas : elle se développe même, portée par ce nouveau support organisé qu'est une grande formation. Grâce à ces talentueux solistes que furent Coleman Hawkins , Johnny Hodges ou Lester Young , l'esprit du jazz est sauf tandis que le recours aux arrangements orchestraux enrichit considérablement la palette sonore. Des arrangeurs comme Fletcher Henderson, Don Redman, Sy Oliver ou Benny Carter , deviennent d'ailleurs rapidement des personnages aussi indispensables que les solistes et c'est Don Redman lui-même qui, dès 1931, va définir la structure des 4 sections d'un big band moderne : 4 saxophones (un cinquième viendra s'y adjoindre en 1933 chez Benny Carter), 3 trompettes, 3 trombones et une section rythmique constituée d'un piano, d'une guitare, d'une contrebasse et d'une batterie.

Franklin Roosevelt, élu Président des Etats-Unis en 1932, met en œuvre le New Deal, un plan économique pour combattre la crise. C'est aussi cette année-là qu'en tirant la leçon des grands orchestres noirs en vogue, le clarinettiste et chef d'orchestre blanc Benny Goodman décide de constituer une grande formation. Grâce à ses émissions de radio sur NBC, il cristallise sur son nom la vogue du Swing : cette musique au tempo enlevé et à la pulsation régulière à ne pas confondre avec le swing (cet espèce de balancement qui donne au jazz sa tension). Aidé par Fletcher Henderson, recruté comme arrangeur, et par son beau-frère, le critique John Hammond, Goodman apporte au jazz une reconnaissance et une popularité qu'il n'a jamais connues auparavant. Certes, sa musique rappelle celle d'Henderson : elle est seulement un peu plus raffinée, plus disciplinée. Goodman lui-même est un virtuose de la clarinette, capable de jouer aussi bien le jazz que le classique (il inventera d'ailleurs une sorte de jazz de salon avec ses petits combos), et il a su s'entourer des meilleurs musiciens blancs de l'époque : les trompettistes Bunny Berigan et Harry James, le pianiste Jess Stacy et, surtout, le spectaculaire et brillant batteur Gene Krupa qui n'est pas pour rien dans le succès de l'orchestre. Les préjugés raciaux font le reste : l'ère du swing démarre vers 1935 et Benny Goodman en sera sacré Roi au Carnegie Hall de New York en 1938.

Pourtant, Benny Goodman n'hésite pas à affirmer sa solidarité avec le jazz traditionnel. Il dirige, en même temps que son big band, une série de petites formations (du trio au sextette) au style original et au sein desquelles il partage la vedette avec des musiciens noirs comme Teddy Wilson , Lionel Hampton, Cootie Williams, Count Basie ou, plus tard, Charlie Christian. C'est aussi en compagnie de Benny Goodman et grâce à John Hammond, que Billie Holiday enregistra son premier disque en 1933. Et c'est bien un vrai groupe de jazz mixte qui pénètrera triomphalement au Carnegie Hall en janvier 38.

La passion du public pour le Swing (que certains croient différent du jazz) entraîne alors l'apparition de centaines de grands orchestres pour la plupart blancs. On les entend dans toutes les émissions de radio et, vu le coût des orchestres en cette période de crise, pas un hôtel ne s'en prive. Certains d'entre eux parviennent très bien à imiter les arrangements, la densité sonore, ou les effets de contraste du big band de Goodman et l'histoire n'a retenu que les noms des meilleurs : ceux du tromboniste Tommy Dorsey, du clarinettiste Artie Shaw (qui est aussi célèbre pour ses huit mariages notamment avec Lana Turner et Ava Gardner), et du fameux tromboniste Glenn Miller qui disparut en survolant la Manche en 1944. Bien entendu , il faut encore compter en cette seconde moitié de la décennie avec l'orchestre du chanteur Cab Calloway, qui remplaça Ellington au Cotton Club en 1932, celui du légendaire batteur Chick Webb qui rencontra à l'hiver 1934 une orpheline de Harlem nommée Ella Fitzgerald , et surtout le big band de Jimmy Lunceford, le seul en 1938 à tenir tête à l'orchestre d'Ellington.

 

 


 

Impossible de parler de ces années 30 sans mentionner le style propre à Kansas City dont le quartier réservé, protégé par les hommes politiques (dont le fameux maire Tom Pendergast), accueillit les musiciens et fit prospérer le jazz. Basé sur le blues et le boogie woogie, les orchestres de Kansas City élaborent des thèmes simples mais efficaces et utilisent souvent des phrases musicales courtes de 2 ou 4 mesures appelées riffs qui, répétées en contrepoint, font naître le swing et apportent une dynamique nouvelle à l'orchestre, une sorte d'élasticité naturelle inconnue jusque là. La formation de Bennie Moten, les Twelve Clouds Of Joy d'Andy Kirk, les Rockets d'Harlan Leonard, et les orchestres de Count Basie et de Jay Mc Shann en sont les illustres représentants tandis que les prestigieux solistes s'appellent Hot Lips Page et Buck Clayton (tp), Don Byas , Hershell Evans et Lester Young (ts), Dickie Wells (tb), Jimmy Rushing et Helen Humes (voc) sans oublier enfin l'une des plus efficaces sections rythmiques de tous les temps : l'association Freddie Green (gt) - Walter Page (b) - Jo Jones(dr).

Par JB - Publié dans : Cahiers Jazz
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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 10:02


Cedar-WALTON.jpgCedar Anthony Walton, Junior est né le 17 janvier 1934 à Dallas,Texas ...Depuis plus de 25 ans, le pianiste Cedar Walton mène une carrière uptempo, qui ne semble jamais ralentir. Sur un rythme effréné, Walton a en effet accompagné une multitude de grands noms du Jazz tout en menant ses propres formations vers le succès. Rapidement , Cedar envisage une carrière musicale dès son plus jeune âge et c’est un boeuf d’après soirée au Denver Club qui le fait rapidement rencontrer des musiciens reconnus comme Charlie Parker, Dizzy Gillespie et John Coltrane, qui prennent dès lors part aux concerts de son groupe lorsqu’ils sont de passage dans sa ville.

Walton est originaire de Dallas comme le guitariste Charlie Christian et le pianiste Red Garland. Après des études à l'Université de Denver entre 1951 et 1954, Walton s'installe à New York en 1955 .Walton s’aventure à New York et commence à y travailler avec Lou Donaldson, Gigi Gryce, Sonny Rollins et Kenny Dorham, avant d’atterrir sur une tournée de J.J. Johnson. Peu de temps après son retour, le pianiste enregistre aux côtés de Kenny Dorham sur l'album « Kenny Dorham Sings » chez Riverside. Il participe également à deux enregistrements avec le groupe de J.J. Johnson chez Colombia Records avant de rejoindre le Art Farmer/Benny Golson Jazztet, groupe avec lequel il tourne et enregistre pendant deux ans de 1960 à 19611. L’étape suivante majeure est sa collaboration avec Art Blakey et les Jazz Messengers. Son expérience de trois années auprès d’Art Blakey voit Walton endosser le rôle de compositeur. Il crée des morceaux comme « Mosaic » et « The Promised » Land, enregistrés par le groupe sur les labels Blue Note et Riverside.

Il effectue deux ans dans l'armée en Allemagne où il joue avec des musiciens comme Leo Wright, Don Ellis et Eddie Harris. De retour à New York, Walton entame réellement sa carrière de musicien puisqu'entre 1958 et 1961 il joue notamment avec Kenny Dorham, participe en 1959 à l'album Giant Steps de John Coltrane.
En 1961, Cedar Walton rejoint pour trois ans les Jazz Messengers du batteur Art Blakey comme arrangeur aux cotés de Wayne Shorter et de Freddie Hubbard. Il accompagne la chanteuse Abbey Lincoln entre 1965 et 1966 et enregistre avec le trompettiste Lee Morgan les deux années suivantes..Puis Walton quitte les Jazz Messengers pour prendre la direction de sections rythmiques et de trios dans tous les clubs et studios d’enregistrement New-Yorkais et réalise alors, en 1966, « Cedar on Prestige Records », son premier album en tant que leader. De la fin des années 60 au début des années 70, Walton s’associe durablement avec le bassiste Sam Jones et les batteurs Louis Hayes et Billy Higgins dans des trios polyvalents qui s’entourent de temps à autre, à l’occasion de tournées spécifiques ou d’enregistrement d’albums, des saxophonistes Clifford Jordan , George Coleman ou Bob Berg.

 


À la fin des années 1960, il intègre régulièrement la section rythmique pour le label Prestige et enregistre avec le guitariste Pat Martino et les saxophonistes Sonny Criss, Eric Kloss et Charles McPherson. Au début des années 1970, Walton effectue de plusieurs concerts et tournées à l'étranger avec son ensemble nommé Eastern Rebellion qui comprenait notamment les saxophonistes Hank Mobley, George Coleman, Clifford Jordan, Bob Berg et Ralph Moore puis retrouve à nouveau Art Blakey en 1973 pour une tournée au Japon. Dans les années 1980 et 1990, Walton continue à diriger ses groupes et à enregistrer.Pendant les années 80, Walton s’embarque dans une variété de projets passionnants, basés sur le plus long terme. En 1981, il forme un trio avec Ron Carter et Billy Higgins, qui fonctionne dès sa création. À la même période, il intégre le Timeless All-stars, un sextet également composé d’Harold Land, Bobby Hutcherson, Curtis Fuller, Buster Williams et Billy Higgins. Walton enflamme également les sections rythmiques de Milt Jackson, Frank Morgan, Dexter Gordon et des chanteurs Ernestine Anderson et Freddy Cole et tient le rôle de pianiste pour le Trumpet Summit Band...Les travaux de Cedar Walton sont bien répertoriés sur disque. En parallèle d’un nombre impressionnant de dates en tant qu’instrumentiste auprès d’autres musiciens, le pianiste a enregistré avec ses propres groupes à une cadence soutenue, ses albums sur les labels Timeless, Discovery, Red Baron et Steeple Chase sont là pour le rappeler.Son jeu reçoit régulièrement l'éloge des critiques, de ses pairs et du public dans le monde entier. Cedar Walton est devenu l’un des maîtres de la musique qu’il aime.
Les Thèmes Bolivia et Mosaic sont deux de ses compositions les plus connues ainsi que Fantasy in D, enregistrée sous le titre Ugetsu par Art Blakey en 1963 puis devenue un standard de jazz.

 

Par JB - Publié dans : Biographies
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