Vendredi 23 mai 2008
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Contrebassiste ,arrangeur,compositeur,pianiste...il a été un des plus grands compositeurs du Jazz.Un homme qui a été toute sa vie un révolté contre la société ségrégationniste ,écorché ,hanté par la vie et la mort...sa
musique pousse un cri de colère. Charles
MINGUS est un personnage hors du commun...toute sa vie il a été un homme en colère contre une société qui tentait d'inférioriser l'homme de
couleur..."moins qu'un chien" comme titre sa biographie.Mingus disait à Miles Davis "ma musique parle de la vie et la mort,du bien et du mal ,elle est vivante...elle est en colère...donc réelle
!"..
Mingus comme Coltrane , Art Blakey , Max Roach a été un homme engagé de façon positive car dans ses positions
extremistes ,il n'aurait jamais pu créer un Jazz aussi passionnant et aussi envoutant....Mingus c'est la vitalité ,une vitalité qu'il a cherché à imposer au monde,avançant à découvert et ne
récoltant que des blessures ,lesquelles,nourrissaient son discours dans lequel on retrouvait la force et la pureté du blues ,du spiritual,exemple d'un désespoir qui consume les oeuvres puissantes.Si l'on écoute l'oeuvre de Charles Mingus "Pithecantropus
Erectus" ,la colère se perçoit à chaque attaque,lourde tirée à la force du poignet et aussitôt doublée d'une grande tendresse et drolerie non
masquée.Fureur et joie rageuse transmissible..Mingus faisait parler la musique comme on fait parler la poudre.
Le contrebassiste a entretenu des relations
difficiles avec le milieu du Jazz...Mais tous ceux qui l'ont approché voient un séducteur et chaque personne intéressée par le Jazz reconnait du "Mingus"
lorsqu'elle en entend.Ses compositions apparaissent comme un pont entre le Bop de Bird et de Gillespie et le Free-Jazz d'Archie Shepp ,esthétique
marquée également par le classicisme d'Ellington.Depuis 1955 Charlie Mingus
a l'étiquette de "jazzman d'avant-garde" et il est considéré par beaucoup comme le
précurseur du Free-Jazz. Musicien génial et respectueux de la tradition il est revenu aux
sources de la musique et de la culture noire ,il a posé problêmes à tous ceux qui ont essayé de définir sa musique...logique formelle et arrangements toujours
étonnants. Au début des années 50,Mingus devient le défenseur de la musique de Charlie Parker (concert de Toronto avec
bird,gillespie,Powell et Roach)..puis il se plonge dans les Jazz workshops
(ateliers) dans le jazz cool...ni classique,ni bop,ni cool ,ni har bop...la musique de Mingus est tout cela à la fois..jazz
moderne esthétique ambitieuse...pas immédiatement accessible.
Né à Nogales,Arizona le 22 avril 1922,Mingus est un mulatre noir,suédois,chinois et
amérindien.Il grandit dans le quartier le plus pauvre de Los angeles Watts...une grande partie de sa culture musicale vient de l'église il y avait des instruments et jouait du blues..il faisait
partie d'un trio vocal avec ses soeurs.Il apprend d'abord le trombone avec Britt Woodman futur sideman du DUKE,puis le violoncelle grace auquel il aborde l'étude la musique classique.Certains comme William
Marcell Collette lui disait "...si tu veux arriver à quelquechose sers-toi d'un instrument de noir..!"..Mingus va donc opter pour la contrebasse instrument de Jazz par excellence et il aura comme professeur Red Callender
qui connait parfaitement la musique de Duke et de Tatum..
"Mingus fingers"....1950 il
travaille avec Red Norvo et Tal Farlow en trio
1951 il part à New-York et rencontre Charlie
Parker....à 30 ans il sera reconnu et apprécié.
1952 Mingus et max roach crée le label "Début" lequel sera absorbé par "fantasy
records"...Mingus expérimente ses compositions et réunit un groupe multi-racial attentifs à l'expression cool plus précisément à la musique de lennie
Tristano...c'est dans ce Jazz workshop que l'esthétique mingusienne sera façnée donnant une grande importance à
l'improvisation collective,techniqes jazz moderne,vigueur du swing diversité rythmique alternant entre chaos collectifs
et éléments vocaux (cris,lamentations,grognements)..Teo Macero,Thad Jones,Teddy Charles..etc...se joindront à
l'atelier.
A partir de 1955 et pendant 2 décennies l'esthétique de Mingus sera caractérisée
par une polyphonie agressive et une négation de toute convention établie... désarticulation du discours musical
conventionel.* Pithecantropus Erectus est l'oeuvre par laquelle il sera reconnu...pieces en 4 mouvements
retraçant l'évolution de l'homme.* 1957 il enregistre "The clown" et "Tijuana moods" ..2 superbes albums .Il travaille avec Pepper Adams ,Jackie Mc Lean et booker Ervin ,Horace Silver (encore lui) et Dan Richmond...l'album "Blue
roots" naitra.* 1959 composition à la mémoire de Lester Young "good bye
pork pie hat"...puis "bird call" à la mémoire de Charlie parker....puis il joue avec Eric Dolphy.* Création de
l'album "fables of Faubius" ..cri de haine contre le gouverneur de l'Arkansas...Columbia censurera le disque
trop HARD..* 1960 le groupe voyage et joue à Juan-les-pins....magnifique jam session avec dave Brubeck cette même année
en Angleterre. Puis rencontre avec Roland Kirk avec lequel il enregistre "Oh
Yeah"..* 1962 Son rêve se réalise il enregistre en trio avec DUKE et ROACH.*
1963 il enregistre " the black saint & the sinner lady" magnifique oeuvre chez Impulse...en 6
mouvements..l'art de Mingus dans sa grandeur...prise de conscience.* jusqu'en 1964...époque la plus créative ,tempo ,sonorité puissante,dextérité parfaite...bien que Mingus n'ai jamais eu la
dextérité comme but...Festival de Monterey en BigBand.* 1966 il quitte la scène et se fait interner en asile
psychiatrique ,se déplace en chaise roulante ,le cou paralysé.* 5 Janvier 1979 il décède et à sa demande ses cendres ont été éparpillées en inde sur le fleuve Gange.
Par JB
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Publié dans : Biographies
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Lundi 19 mai 2008
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13:35
Les critiques n’ont pas été
tendres avec Stéphane Grappelli lorsqu’il a enregistré avec le virtuose classique Yehudi Menuhin , par contre ils ont été
plus positif pour sa collaboration avec Oscar Peterson…Grappelli était ‘multiple’ musicalement parlant ,mais les critiques de Jazz l’attendait toujours au
tournant dès qu’il s’éloignait un peu du style ‘ que l’on lui connaissait’…
Des rencontres , il en a fait un paquet de Coleman Hawkins à Larry
Corryel en passant par Clark Terry et Oscar Peterson ,sans oublier Lionel
hampton ,Dizzy Gillezpie ,Benny Carter et jusqu’à jean-Luc Ponty…a chaque fois ces musiciens étaient
fascinés et prenaient un immense plaisir à jouer avec Stéphane Grappelli et le Quintet du Hot Club de France de Djando
Reinhardt.
L’une des expériences les plus intéressantes ,à défaut peut-être d’être la plus concluante ,a été sa rencontre avec le violoniste virtuose
Yehudi Menuhin au début des années 70 pour un show télévisé . Une initiative de Michael Parkinson ,qui ,avait eut l’idée de confronter les deux violonistes
que tout , à première vue ,opposait .Ce duel amical fut tout à fait concluant pour beaucoup…une rencontre de musiciens dans un respect mutuel . Stéphane Grappelli a toujours dit que cela avait été une des meilleures idées et une des plus grandes réussites de Michael Parkinson …quand à Yehudi Menuhin , il fut
heureux des répercussions ….et leur collaboration donna naissance à leur premier disque .
Si le show de la BBC suscita des commentaires souvent élogieux ,il en allant tout autrement pour les disques .
Oui ,c’est vrai ,ils allaient connaître un succès populaire , mais aussi entraîner de vives réactions de la critique et même de certains musiciens .
Nigel Kennedy (alors jeune musicien viloniste classique) jugea très durement la collaboration Menuhin – Grappelli , qu’il trouvait trop commerciale
,choquante ,ignoble … !!
Le violoniste Danois Svend Asmussen ,l’assasina également en qualifiant les enregistrements de ridicules et
en disant que Menuhin n’aurait pas dû s’abaisser à jouer et à croire qu’il est si facile de jouer du Jazz ..il peut tromper les gens , pas les musiciens . !
En fait les musiciens ne reprochaient pas à Yehudi Menuhin de vouloir chasser sur leurs terres : ils
s’étaient rendus compte , en écoutant les albums ,que le violoniste ,incontestable virtuose classique , n’improvisait pas . Ce qui ,pourtant avait été
indiqué sur les pochettes qui précisaient que les 2 violonistes faisaient des solos de Jazz. …mais ça c’était à cause des producteurs !
Par contre la collaboration de Stéphane Grappelli avec le pianiste canadien Oscar Peterson en 1973 allait être
unanimement saluée par la critique ,jusqu’à être considérée comme l’un des très grands moments de l’histoire du Jazz .
Pour ses séances de studio ,aux côtés du violoniste et du pianiste , se trouvaient le bassiste Niels Henning Orsted Petersen ,et le batteur Kenny Clarke grand prêtre du Bop . Les titres enregistrés sont tous extraordinaires en commençant par ‘Blues for musidisc’
…qui pour Orsted Petersen est la démonstration de comment swinguer sur un violon .
Ici Grappelli et Mc Coy Tyner au piano
Par JB
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Publié dans : Cahiers Jazz
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