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En fait les critiques de Jazz ont commencé à parler de romantisme dans le Jazz dès l’apparition de Bill Evans , mais le terme s’appliqua à d’autres pianistes talentueux comme Chick Corea ou Keith Jarrett.
Bien que la notion de romantisme soit très claire dans la musique de tradition européenne , elle apparait très confuse lorsqu’il s’agit du Jazz . Dire que Bill Evans a été un musicien romantique ,quel sens cela a-t-il ? En dépit de certaines ambiguïtés , c’est à partir de l’émergence sur la scène Jazz du pianiste virtuose que le terme a prit de la valeur…Il n’a bien sûr aucun rapport avec la définition qu’en donnent les dictionnaires : il faut plutôt en rechercher le sens dans le comportement des musiciens et dans l’approche de leur musique …c’est pour cela que les critiques ont parlé d’un courant romantique de pianistes .
La musique de Bill Evans comme ses propres déclarations témoignent de l’importance qu’il accordait à l’improvisation et à l’individu .Mais ,à dire vrai ,rien de nouveau ici dans le Jazz : l’objectif recherché est l’émotion suscitée par la création .Ce qui est totalement novateur en revanche ,c’est la volonté de l’artiste de rendre l’émotion la plus intense possible .C’est cela le romantisme de Bill Evans - un romantisme qui est une aventure dans les courants de l’émotion . Sa musique apparait dès lors , comme le reflet des émotions universelles qui , en quelque sorte ,symbolisent la quête ultime vers la liberté . Bill Evans a imposé sa vision de la musique ,il fait partie des musiciens qui pensent que la liberté s’obtient après une lutte contre la tradition mais sans renier celle-ci …son sens de la nuance s’exprime d’abord par le traitement de la note, il ne l’attaque jamais ouvertement mais il en règle le volume et l’intensité en fonction de l’émotion qu’il veut donner. Il crée ainsi un univers feutré dont il nous semble que les frontières nous demeureront inconnues …il faut se pénétrer de cette musique pour en éprouver sa beauté .
Keith Jarrett qui a fait un ideal de cette fuite dans la sensation ,est aussi un musicien de jazz que l’on peut considérer comme romantique . Selon lui ,le pianiste reçoit un message ,une impulsion qu’il doit transformer en sons , afin de parvenir à la plénitude . Le piano ,là encore ,joue un rôle fondamental ,puisque les notes qui s’en dégagent doivent être plus importantes ,plus subtiles ,plus vitales que les mots . Ainsi donc Keith Jarrett ou Bill Evans et d’où que vienne le ‘message’ ,ont cherché l’un et l’autre à définir , à donner vie à une certaine sensualité .
Chick Corea ,lui aussi
appartient à cette mouvance ,bien qu’il soit plus réaliste que les 2 précédents . Il a d’ailleurs beaucoup de points communs avec Jarrett : tous les deux sont
fascinés par le piano classique ,tous deux ont un passé brillant , et tous deux reviennent régulièrement à un véritable langage jazziste …
En même temps il ne viendrait à personne ,l’idée de mettre les deux pianistes sur le même plan..l’univers de Jarrett est centré autour de lui-même , Corea au contraire , part dans toutes les
aventures .
On peut le situer parmi les musiciens ‘néo-cool’ mais on pourrait aussi bien le nommer parmi les chefs de file du Jazz-rock ,tout de suite après Miles Davis.
Lonnie Smith rencontra alors le promoteur de Jazz Jimmy Boyd ,lequel lui demanda de participer à une session d’enregistrement
avec le guitariste Grant Green…Lonnie ne se senta pas
encore ‘prêt’ ..ne vint pas à l’enregistrement .
Benson qui avait formé son orchestre engagea Lonnie et après une rapide répétition il devint un musicien professionnel . Les temps furent difficiles pour le groupe de Benson .L’organiste
travailla dans cette formation plusieurs années et fit ses débuts en enregistrement avec George Benson pour Columbia.
Smith partit pour New-York dans les années 60 pour travailler avec Lou Donaldson en contribuant au hit de Donaldson ‘alligator
boogaloo’. Pratiquement à cette époque il créa son orchestre et enregistra ‘finger licking good’ pour Columbia .Les changements dans le jazz qui passait à ce moment d’expérimentations modernes vers des rythmiques soul plus commerciales donnèrent le soul-jazz…qui en fait ne fut qu’une opportunité pour Lonnie Smith dont l’orgue ‘baignait’ depuis longtemps dans la musique afro-américaine .
En arrivant chez Blue Note Lonnie enregistra certainement la meilleure musique de sa
carrière d’artiste ,l’album « Think » en 1968 , « Lonnie Smith drives » en 1970 montrent les
talents immenses de Smith en improvisation et en composition comme sur « three blind mice » …
De grands noms du jazz rejoignirent Lonnie Smith dans sa formation ,notamment le trompettiste Lee Morgan et le saxo David
‘fathead’Newman .
Lonnie Smith fut nommé organiste de l’année en 1969 par le magazine Down Beat.