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Maître incontesté de la guitare acoustique, Baden Powell - (baptisé ainsi en hommage au
fondateur du scoutisme )- est l'une des figures essentielles de la musique populaire brésilienne. Entré au conservatoire de Rio de Janeiro à 7 ans, il en
ressort diplômé à 14 et s'impose parmi les professionnels dès 15. Véritable prodige, il évolue aux côtés de ses pairs João
Gilberto ou Antônio Carlos Jobim et s'inspire comme eux des vers du poète Vinícius de Moraes, à la différence que
le lyrisme se traduit presque exclusivement dans la composition instrumentale...Baden est un de ces rares
musiciens brésiliens qui fut plus adoré en France que dans son propre pays.Il faut dire qu'il aimait passionnément notre pays plus que tout autre.C'est
également en France qu'il a démarré sa carrière internationale. Claude Nougaro définissait Baden comme..."le Gandhi de l'âme
brésilienne"..il disait également que lorsqu'il entendit pour la 1ère fois "berimbau" par Baden Powell ,ce fut une
sensation très forte,instantanée de la misère sur laquelle il écrivit les paroles de "bidonville".
Né le 6 août 1937 à Varre-Sai, État de Rio de Janeiro au Brésil. Son père, Lilo, musicien, le guide vers la
musique et son influence restera. Il a sept ans lorsqu'il fait ses premiers pas avec une guitare classique. Sept ans plus tard, à quatorze ans, il obtient le diplôme
du conservatoire de Rio de Janeiro. Son professeur Jaime Florence a également eu une influence musicale sur le jeune Baden.
Son talent pour la composition est reconnu dès 1953 alors qu'il n'a que quinze
ans. Il rencontre les poètes Vinicius de Moraes et Paulo César Pinheiro dont les textes l'inspirent pour la
composition de ses plus célèbres chansons de l'époque, devenues des standards depuis...Baden devient musicien professionnel à l'âge de quinze
ans. En 1955, Baden Powell rejoint l'orchestre de Ed Lincoln qui joue à l'hôtel Plaza de Rio de Janeiro, haut lieu du
jazz d'alors. Influencé par la guitare classique et le swing de Django Reinhardt, Baden Powell possède un style d'une
fluidité remarquable qui rend son jeu de virtuose extrêmement agréable à l'oreille.
Il compose son premier classique en 1959 avec « Samba triste
», sur un texte du chanteur Billy Blanco. « Samba triste » est repris en 1962 sur le fameux album Jazz Samba de Stan Getz et Charlie Byrd. 1962, c'est justement l'année où Baden Powell rencontre le diplomate et poète Vinicius de Moraes.
Cette rencontre donne vie à de nombreux standards et à l'album Tristeza on Guitar qui lui ouvre les portes de la renommée mondiale en 1966.
Baden Powell et Vinicius de Moraes s'emploient aussi à réhabiliter le rôle de la musique africaine dans les rythmes brésiliens, le fabuleux Os afro Sambas de Baden e Vinicius est en 1966 le fruit de ce travail...Son interprétation de "samba
do Aviao" fait oublier que c'est A.C Jobim qui a composé ce thême.La personnalité de Baden est si forte
qu'il s'approprie complètement les thêmes qu'il interprète.
En 1966, son album Tristeza on Guitar rencontre un succès
international. L'année suivante, il se présente en concert au Berliner Jazzstage en Allemagne, où il conquiert durablement le public. En 1970, il crée le
Baden Powell Quartet et effectue sa première tournée en Europe et au Japon. Là aussi, il rencontre le succès, par la qualité de ses improvisations et de ses
expériences musicales. Son style se personnalise, il fait le pont entre le jazz et la samba, métissage de la musique afro-brésilienne et européenne où il
introduit des modulations baroques qui lui sont propres. Ce style se retrouve dans la plupart de ses enregistrements, d'une grande qualité. Le solo est la meilleure
formule pour le musicien ,cela lui permet de développer et dérouler ses idées rythmiques et harmoniques sans avoir à se soucier d'avoir à respecter durée ou structure définie...Vers le
milieu des années 1970, de sérieux problèmes de santé le contraignent à se produire moins souvent en public. Sa production discographique s'en ressent également.
Que ce soit de la bossa nova ou de l'afro samba, Baden Powell est un maître
à l'imagination sans limite et au style parfaitement épuré. Solitude on Guitar en 1971 est un nouveau
succès pour celui qui désormais se produit aux quatre coins du monde. Particulièrement apprécié en Allemagne et en France, Baden Powell enregistre fréquemment dans l'hexagone, avec par exemple
La Grande Réunion avec Stéphane Grappelli en 1974.
« Samba da bençao », figure dans le film de Claude Lelouch Un Homme et une Femme, qui
est Palme d'Or au Festival de Cannes en 1966. Une baisse de popularité au Brésil et une santé fragile le contraignent à s'exiler en Europe en 1983. Celui qui tient son nom du fondateur du
scoutisme Robert Baden-Powell, s'établit alors à Baden-Baden en Allemagne par une sorte de trait d'humour brésilien autant que pour la qualité des hauts thermales du lieu...il s'y installe avec
sa femme et ses deux fils et il passe quelques années dans une sorte de retraite. Il réapparaît toutefois en solo lors de concerts en Europe, où son succès ne se dément pas.
Il rentre définitivement au Brésil en 1989 ...Cette deuxième partie de carrière est forcément moins riche et se
signale surtout par l'album Baden Powell de Rio à Paris en 1994, où par les enregistrements en public Live in Hambourg en 1995 ou Live at Montreux Jazz Festival de 1996 et l'album Rio das Valsas. Il y montre encore plus de maturité dans son interprétation, donnant à l'album une atmosphère musicale particulière. Il entreprend en
parallèle de former ses deux fils à la musique. Son dernier disque Lembranças sort en mai 2000, qui témoigne de son statut de grand maître de
la guitare brésilienne.
Baden Powell décède d'une pneumonie à la suite de complication diabétique, le 26 septembre 2000, à Rio de
Janeiro...et sa musique reste éternelle.!
Dernier d'une famille de dix enfants, le cadet des frères Jones qui ont mené carrière dans le
jazz – Hank, le pianiste et Thad, trompettiste et arrangeur – Elvin
Jones a grandi dans un contexte pieu, favorable à la musique. De formation autodidacte, il commence à jouer de la batterie à l'âge de treize ans, travaillant d'arrache-pied à se
forger une technique plusieurs heures par jour. En 1946, il s'engage dans l'armée où il accompagne des spectacles dans un orchestre militaire. Libéré en 1949, il s'immerge dans la scène musicale de Detroit où le bouillonnement créatif est aussi intense qu'à New York. Grâce à la bienveillance maternelle, le domicile des Jones à Pontiac est
l'un des points de rendez-vous de la jeune garde des jazzmen : Elvin y organise tous les lundis des jam sessions que fréquentent, entres
autres, Barry Harris, Milt Jackson, Louis Hayes, Tommy Flanagan, Oliver Jackson, Pepper Adams, etc. Le week-end, il fréquente, en outre, un bœuf similaire organisé par le guitariste
Kenny Burrell et, avec son frère Thad, s'implique dans
l'organisation de concerts. Grâce au batteur Art Mardigan, qu'il remplace dans le quintet du saxophoniste Billy Mitchell,
il devient l'un des membres de l'orchestre maison du Bluebird Inn, l'un des principaux clubs de Detroit où, pendant trois années, il
accompagne les meilleurs solistes de passage : Charlie Parker, Sonny Stitt, Wardell
Gray, et, pendant les six mois que celui-ci passe à Detroit, Miles
Davis. Cette expérience lui permet d'asseoir non seulement sa technique mais également de tisser des liens avec la plupart de ceux qui seront les grands acteurs du jazz dans les
décennies suivantes.
Né le 9 septembre 1927 à Pontiac (Michigan, Etats-Unis) ; décédé le 18 mai 2004 à Englewood (New Jersey, Etats-Unis)...Batteur parmi les plus influents du jazz moderne, Elvin Jones a fait voler en éclats la conception traditionnelle de la batterie qu'il a contribué à émanciper de son rôle d'accompagnement. Sa manière de nourrir le flux musical par un jeu reposant sur un usage complexe de la polyrythmie a révolutionné l'approche de l'instrument et ouvert la voie d'une expression plus libre qui s'est depuis largement répandue.
En 1953, il se rend à New York dans l'espoir d'entrer dans l'orchestre de Benny Goodman auquel participe son frère Hank. Essuyant un refus, il est finalement engagé par Charles Mingus dans un quartet que complètent le vibraphoniste Teddy Charles et le saxophoniste J.R. Monterose, groupe avec lequel il fait une apparition remarquée au festival de Newport en 1955. Mingus lui fait connaître Lennie Tristano. Sur la recommandation de Max Roach , il enregistre en trio avec l'un de ses disciples, Lee Konitz. Mingus est aussi à l'origine d'un séjour du batteur à Cleveland où celui-ci joue quelque temps en trio avec Bud Powell. Après son installation à New York au printemps 1956, l'activité professionnelle du batteur croît proportionnellement à sa notoriété : il intègre le groupe de J. J. Johnson (1956-1957), il joue et enregistre avec, entre autres, Kenny Burrell, Tommy Flanagan, Sonny Rollins (pour un fameux engagement au Village Vangard en 1957), appartient au quintet de Donald Byrd et Pepper Adams (1958), accompagne des musiciens plus mainstream tels que le tromboniste Tyree Glenn ou Harry Sweets Edison…
Cette activité débordante et l'affirmation de son jeu qui le place au même rang que Philly Joe Jones ou Art Blakey (avec lesquels il prend plaisir à se produire au cours de spectaculaires « nuits de la batterie »), lui vaut d'être sollicité par John Coltrane lorsqu'en 1960, le saxophoniste, ayant quitté Miles Davis, décide de former son propre groupe. Cette association, l'une des plus fortes de l'histoire du jazz, durera cinq ans (hormis une interruption d'avril à octobre 1963) : pendant toute cette période, Elvin Jones contribue à faire du quartet de John Coltrane, qui enregistre et tourne abondamment, l'un des groupes les plus innovants du moment. Dans le quartet, il est la force motrice qui, sans relâche, entraîne le saxophoniste à pousser ses explorations modales jusqu'à la saturation et contribue, par l'intensité de sa présence, à dramatiser chaque interprétation. En cheville parfaite avec le contrebassiste Jimmy Garrison, il impose par sa puissance sans faille une dynamique qui noie l'auditeur dans un déluge de sons. Démultipliant sa frappe en un tourbillon sonore, par uneprolifération de battements et d'éclats vibratoires des cymbales, il manifeste un tempo plus senti que marqué. Extension logique de l'apport des batteurs bebop (Kenny Clarke, Max Roach, Art Blakey), son jeu produit une texture dense en superposant des métriques différentes ponctuées d'accents irréguliers. Avec lui, le rôle du batteur ne se réduit plus à la dimension d'accompagnateur en charge de la pulsation métronomique. Il s'érige en force motrice, qui transporte le soliste plus qu'elle le supporte, l'engageant dans un balancement qui a la puissance d'une houle avec lequel il doit composer. Cette conception nouvelle qui s'élabore à mesure que Coltrane s'engage de façon de plus en plus radicale dans une quête sonore qui acquiert progressivement une dimension mystique subit un coup d'arrêt, toutefois, lorsque le saxophoniste engage en 1965, un second batteur à ses côtés, Rashied Ali. Elle ouvre la voie au dérèglement complet de la pulsation qui caractérise le free jazz auquel Elvin Jones ne se rendra jamais. Parallèlement à son activité auprès de Coltrane, l'intérêt que provoque l'originalité de son jeu lui vaut d'enregistrer avec de nombreux musiciens : Freddie Hubbard, Joe Henderson, Wayne Shorter, Grant Green, Andrew Hill, Larry Young (pour la firme Blue Note) ou encore Sonny Rollins, ..etc.
Après avoir accompagné – pour le meilleur et pour le pire – l'orchestre de Duke Ellington le temps d'une tournée européenne, Elvin Jones travaille quelque temps à Paris (au Blue Note, où il remplace Kenny Clarke) puis, de retour aux Etats-Unis, entame une carrière de leader à la tête de groupes généralement sans piano et qui associent souvent deux saxophonistes (Joe Farrell et George Coleman, Dave Liebman et Steve Grossman notamment) et un contrebassiste conséquent. Entre 1968 et 1973, il enregistre neuf albums pour le compte de Blue Note ainsi qu'un concert au Lighthouse en 1972, le jour de son quarante-cinquième anniversaire. Pendant les années 1970, il dirige ainsi un groupe au personnel variable qui compte notamment dans ses rangs, les saxophonistes Frank Foster, Azar Lawrence, Pat LaBarbera, Andrew White ; les contrebassistes Gene Perla, Jimmy Garrison, Wilbur Little et Andy McCloud ; parfois, un trompettiste ou un pianiste sont ajoutés à ce groupe qui reste dominé par la personnalité du batteur et marqué du sceau de l'héritage coltranien. Son activité internationale n'empêche pas Elvin Jones d'enregistrer en sideman avec divers musiciens tels que Phineas Newborn, Art Pepper ou son vieil ami Tommy Flanagan. Sa propre production phonographique, répartie sur plusieurs labels indépendants, révèle un éclectisme thématique qui n'est pas toujours du meilleur aloi.
Avec le temps, Elvin Jones a consacré dans son propre répertoire une part de plus en plus explicite à la mémoire de John Coltrane, dont il ne renâcle pas à rejouer certaines des œuvres les plus emblématiques. Après avoir renoué avec McCoy Tyner au début des années 1980, il effectue une tournée, en 1987, avec Freddie Hubbard, McCoy Tyner, Reggie Workman et Sonny Fortune au cours de laquelle son groupe interprète en public A Love Supreme, la suite emblématique de la démarche spirituelle de son ancien compagnon (il en publie, en outre, une version enregistrée à Tokyo avec le trompettiste Wynton Marsalis en 1992). Ses disques sont ainsi jalonnés de reprises souvent émouvantes de morceaux que le batteur avait contribué à immortaliser un quart de siècle plus tôt. Sa polyvalence remarquable lui permet aussi bien de faire preuve de la plus grande délicatesse (notamment aux balais) sur des standards au sein du Great Jazz Trio avec son frère Hank Jones que de se lancer dans une rencontre impromptue avec Cecil Taylor et Dewey Redman.
La fondation du groupe Jazz Machine dans lequel se côtoient musiciens expérimentés et nouveaux talents apparaît comme une manière de prolonger la mission des Jazz Messengers de son ami Art Blakey disparu en 1990. Nouvel héraut du jazz, Elvin Jones poussera sous les projecteurs de nombreux instrumentistes dont le talent s'est confirmé depuis : entre autres, le trompettiste Nicholas Payton, les trombonistes Robin Eubanks et Delfayeo Marsalis, les pianistes Joey Calderazzo, Anthony Wonsey, Carlos McKinney et Eric Lewis, les contrebassistes Andy McKee et Brad Jones et les saxophonistes Javon Jackson, Joshua Redman, Mark Shim et même Ravi Coltrane, le propre fils de John. Jusqu'à sa disparition en 2004, il a continué avec une ferveur intacte de porter la flamme d'une musique ardente et communicative.
Les Jazzmen reconnaissent Elvin Jones, comme l'un des plus talentueux batteurs de l'histoire du Jazz. Il influencera de nombreux batteurs, notamment son disciple et ami Christian Vander.
A la fin de ses jours Elvin Jones est bien malade mais continue de jouer avec un masque respiratoire, signe que rien n'empêchait l'artiste de goûter à son plus grand plaisir : la musique. Alors que tous les mélomanes le croyaient immortel comme la musique, le mardi 18 mai un crise cardiaque touche l'énormissime tambourinaire, c'est une importante artère du cœur de la musique Jazz qui s'en est allé avec lui.
DISCOGRAPHIE SOLO :
1961 Together!
1961 Elvin Jones & Company
1961 Elvin!
1963 Illumination
1965 Dear John C.
1967 Heavy Sounds
1968 Puttin' It Together
1969 Polycurrents
1970 Coalition
1971 Genesis
1972 Live At The Light House
1973 At This Point In Time
1975 Mr. Thunder
1978 Remeberance
1982 Brother John
1992 Youngblood
2004 The Truth