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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 14:31

Certains disent que les jazzmen de type classique n’avaient pas une technique suffisante pour jouer « bop »…Cela a peut-être été vrai pour quelques uns ,mais par contre le trompettiste Harry Edison a maintes fois démontré que l’on pouvait être un pur de l’époque swing et jouer selon les schémas de Parker .

 

Lorsque le bop ‘déboule’ dans les années 40 ,l’oreille des musiciens de la période classique n’était pas préparée à l’entendre ..ni à l’accepter . de grands solistes ,comme Lester Young ,Coleman Hawkins ,Red Norvo et Roy Eldridge se sont immiscés sans difficultés dans les nouveaux schémas proposés par Charlie Parker ,et sans renoncer à leurs langages ,qui apparaissaient modernes en plein classicisme .D’autres ,tels que Benny Goodman s’y sont essayés sans aucun succès .

 

On a parlé alors de l’impossibilté pour certains d’assimiler l’esthétique de Parker ,produit d’une époque ,et qu’une approximation théorique ne suffisait pas à rendre accessible .

Sans doute il ya du vrai dans cela ,mais le cas d’Harry « sweets » Edison prouve combien il est inutile d’être aussi catégorique .

Harry Edison a été un grand trompettiste ,talentueux et célèbre qui a commencé avec l’orchestre de Count Basie à la fin des années 30 .Un style décharné ,c’est-à-dire sans ornements inutiles qui repose sur quelques idées simples qu’il a su combiner pour créer son atmosphère .On peut dire sans se tromper ,qu’il est un minimaliste .ce qui est certain ,c’est qu’Harry Edison a participé à de nombreuses sessions modernes ,avec une grande aisance et sans renoncer à son propre style .Pendant les années 50 ,musiciens et critiques s’accordaient à admettre qu’il était capable d’utiliser une syntaxe moderne ,vraiment bop ,qu’il suffisait en fait ,de lui proposer .

En témoigne l’enregistrement en 1958 de « Twenty-Forty » avec jimmy Forrest et Elvin JonesHarry « sweets » Edison assure un superbe solo selon les plus strictes règles du bop .

Edison est né en 1919 dans l'Ohio ,puis vécu à louisville ,kentucky avec sa famille . Il apprit d'abord à jouer de l'harmonium avant de découvrir le cornet qu'il travailla en autodidacte .

En 1933 il rejoint l'orchestre de Jeter-Pillars et partit en tournée pendant 2 ans .sur la recommandation de Tab Smith un saxo alto de passage ,Harry fut engagé dans l'orchestre de Lucky Millinder qui était très en vue à New-York ,cela permit à Edison de travailler avec un autre excellent trompettiste ,Charlie Shavers ,avec Don Byas au saxophone ténor ...ainsi qu'avec d'éminents pianistes comme Billie Kyle .
En 1937 ,Harry Edison remplace Bobby Moore dans l'orchestre de Count Basie...c'est là qu'il fut baptisé "sweets" par Lester Young ...Enregistrement de plus de 50 disques avec Basie et rencontre avec la chanteuse Billie Holiday .

En 1952,Edison partit pour la Californie où il s'établit en tant que musicien de studio travaillant pour l'arrangeur Nelson Riddle. Il enregistra avec de grands noms comme Sinatra ,Bing Crosby ,Nat Cole ,Ella Fitzgerald...etc...
Pendant ce temps il dirigeait aussi son propre groupe à Los Angeles et tournait avec le JATP de Norman Granz .Pendant cette période et toutes les années 50 il enregistra souvent avec Shorty Rodgers ,il joua aussi avec Louis Bellson ,Quincy Jones,Buddy Rich et certains des musiciens les plus appréciés de la scène Jazz

 

Harry Edison fit de nombreuses tournées Européennes dans les années 70 avec l'orchestre du batteur Louis Bellson et très souvent avec le grand saxo ténor Eddie"lockjaw"Davis .

Edison décéda en 1999 .


Par JB - Publié dans : Cahiers Jazz
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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 14:28

La flûte n’a jamais joué un rôle important dans le jazz et ce jusqu’aux années 30 . En fait ,on l’employait surtout pour enrichir la section des saxophones .Ce n’est qu’à partir des années Swing que les chefs d’orchestres et les arrangeurs ont commencé à en faire un instrument soliste ,en particulier dans les formations de Spike Hughes ,Jimmie Lunceford et Chick Webb.

Avec l’apparition du Bop au tout début des années 40 ,la flûte sera de nouveau oubliée de la plupart des jazzmen ,tout simplement parce que sa sonorité  s’adapte mal ou pas aux schémas de Parker et de ses complices .

Il faudra de nouveau attendre le début des années 50 et l’arrivée sur la scène jazz de 2 grands saxophonistes ,Jérome Richardson ,lequel enregistrera le tout premier solo de flûte dans ‘hi-fi suite’ en 1956 ,et Frank Wess ,pour que l’instrument dont s’emparera Eric Dolphy réussisse une entrée remarquable et remarquée dans le Jazz moderne .

A partir de là, la flûte sera réellement utilisée par des musiciens de tous horizons et notamment californiens, en commençant par Bud Shank et Buddy Collette qui vont enrichir sérieusement la musique de la West Coast avec ce côté aérien que procure la flûte.

Grâce à ces musiciens, la flûte est sortie de sa marginalité pour faire partie intégrante du Jazz.

Pendant les années 60, cet instrument va connaitre un engouement certain car de nombreux saxophonistes en feront leur instrument principal .Un des premiers fut Herbie Mann qui rencontra le succès entre 1955 et 1965, Herbie forma d’ailleurs un duo de flûtes avec Sam Most . Il y eut aussi James Moody, paul Horn, Roland Kirk, lequel va développer son style expressionniste en exploitant toutes les possibilités de la flûte et en y ajoutant sa voix simultanément, mais également Jeremy Steig qui ira au-delà en exploitant les limites des sonorités et enregistrera avec Bill Evans .


Bien que tous ces musiciens aient appartenu à des courants de jazz différents (mis à part Roland Kirk), Eric Dolphy, lui s’est mis volontairement en marge de toute école. Mais malgré cela c’est à partir de Dolphy que la flûte donnera naissance à 2 grands courants.

D’un côté le Free, représenté en grande partie par James Newton et de l’autre l’école dolphyienne avec Sam Rivers ,henry Threadhill et Prince Lasha.

La clarinette basse, quand à elle, était utilisée dans les orchestres symphoniques et a peu intéressé les jazzmen et ce, jusqu’à la fin des années 50 (à l’exception, du saxo baryton Harry Carney qui en a parfois joué dans la formation de Duke Ellington) .


C’est encore Eric Dolphy qui allait utiliser toutes les possibilités de cet instrument avec brio..

Durant sa courte carrière discographique de 1958 à 1964, Dolphy a souvent utilisé la clarinette basse, depuis son premier solo dans « gongs heats » jusqu’à « Epistrophy » et « Hypocchristmutfreefuzz » sur le disque « last Date » ,influençant d’autres jazzmen comme David Murray ,Anthony Braxton ,John Surman ,Gunther hampel et Peter Brotzman

En France ,la clarinette basse trouva son représentant avec Michel Portal ,mais aussi avec Louis Sclavis et Jef Sicard .

Par JB - Publié dans : Cahiers Jazz
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