Jazz Musician's Website !
History of Jazz ,Biographies ,Clubs ,Sessions ,Festivals ,videos

Herbie Hancock a joué avec les plus
grands jazzmen dans les années 1960 et a rejoint le Miles Davis quintet,
avec lequel il a redéfini le rôle de la section rythmique. Il a également été un des premiers à utiliser les synthétiseurs. Malgré ses expérimentations, la
musique d'Herbie Hancock est restée mélodique et accessible, rencontrant parfois des succès commerciaux, avec en particulier les morceaux Cantaloupe Island, Watermelon Man, Chameleon et Rock it. Herbie Hancock est toujours aujourd'hui un des plus grands pianistes de la scène Jazz .
Herbert « Herbie » Jeffrey Hancock, est né le 12 avril
1940 à Chicago (États-Unis)...
Comme de nombreux pianistes de jazz, Hancock dispose d'une formation musicale
classique dès l'âge de sept ans. Même si ses parents ne sont pas musiciens professionnels, il prend ses premières leçons de piano à l'âge de 7 ans, devient quatre ans plus tard soliste au
Chicago Symphony Orchestra et interprète le concerto en ré majeur de Mozart, puis le concerto Brandebourgeois n°2 de Bach. Il se prend de passion pour le jazz à l'écoute d' Oscar Peterson et de George Shearing. Une nouvelle orientation qui lui fait abandonner le concerto alors qu'il prépare vers
la fin des années 1950 un diplôme d'Ingénieur au Grinnell College. Il y remportera d'ailleurs un prix de composition musicale. Son jeu de piano classique
accompli est doublé d'un talent certain pour jouer le jazz et le rythm 'n blues. Durant les années 50, à Chicago, il accompagne Lee Morgan, Hank Mobley et Donald Byrd. A la Roosevelt University de Chicago, il approfondit
sa culture musicale, puis étudie à la Manhattan School of Music, notamment avec Vittorio Giannini. Il donne son premier concert avec de grands artistes comme
Coleman Hawkins. En décembre 1960, il rejoint Donald Byrd,
son mentor, qui l'introduira chez Blues Note. Il travaille ensuite avec Phil Woods et Oliver Nelson,
accompagnant quelques chanteurs et faisant ses premières apparitions à la télévision
Après avoir étudié la composition musicale pendant trois ans et demi au Grinnell
College, il est engagé par Donald Byrd en 1961. Il finira plus tard ses études à Grinnel
en Génie électrique et musique en 1971. Le pianiste se fait rapidement une réputation et enregistre son premier album solo, Takin' Off, pour
Blue Note en 1962 avec notamment le saxophoniste ténor Dexter
Gordon et le trompettiste Freddie Hubbard. Le morceau Watermelon man offrira un hit à Mongo Santamaria mais l'album est surtout remarqué par Miles Davis qui monte à ce moment un nouveau groupe.
Fort de son succès populaire, Miles Davis l'invite en mai 1963 à le rejoindre pour un contrat de cinq ans en
devenant membre de son nouveau quintette. Herbie Hancock ne prend pas au sérieux cette proposition, songeant qu'il ne s'agit que de rumeurs,
mais il finit par accepter sur les conseils avisés de Donald Byrd. Cette formation historique regroupa Ron Carter, Tony Williams , George
Coleman, et plus tard Wayne Shorter. Elle produit en 1963 Seven steps to heaven. Dans l'histoire
du jazz, la section rythmique Hancock, Carter et Williams sera l'une des plus originale et des plus brillante. A cette époque il enregistre à nouveau avec
Donald Byrd pour A New Perspective et avec Grachan Moncur pour Some other stuff. Sa rencontre avec Miles Davis lui inspira Maiden
voyage, album signé chez Blue Note. Sorti en 1965, le titre éponyme demeure encore aujourd'hui un classique du jazz. Empyrean isles et Speak like a child, enregistrés sous son nom, marquent par leurs innovations en
cette fin des années 1960. L'album suivant ,The prisoner, est d'une harmonie jazz toute inspirée de Gil Evans, en plus des influences de Miles Davis. Ce titre évoque
l'emprisonnement des afro-américains, et le premier morceau « I have a dream » est un hommage rendu au défunt Martin Luther King. La composition est inspirée de Stravinsky, (« Rites of spring »), qui est l'un des premiers musiciens à introduire le jazz dans la musique classique.
Il se rapproche également d'autres grands inventeurs noirs de cette époque tels que Quincy Jones. Enfin, pour le réalisateur italien Michel Angelo Antonioni,
Il enregistre la bande originale du film Blow up, mélangeant jazz, pop et free jazz. Passée la période post-bop, Hancock accompagnera Miles
Davis dans l'exploration des instruments électriques.Leur concept d'improvisation sera appelée "Time, No Changes".
Alors qu'il est dans le groupe de Davis, Hancock enregistre également dans
une douzaine de sessions pour le label Blue note, à la fois sous son nom et en accompagnant d'autres musiciens comme Wayne Shorter, Tony Williams, Grant Green, Bobby Hutcherson, Sam Rivers, Donald Byrd,
Kenny Dorham, Hank Mobley, Lee Morgan et Freddie Hubbard.
L'album Inventions and
Dimensions est presque entièrement composé de musique improvisée, et comprend le bassiste Paul Chambers et les percussionnistes Willie
Bobo et Osvaldo Martinez.
La rencontre avec Betty Mabry sera en effet déterminante pour Miles Davis. En découvrant Jimi Hendrix, qu'elle lui présentera, ainsi que James Brown et Sly and The Family, son parti
pris électrique éclate bientôt au grand jour. En commençant par le studio, où il proposa à un Herbie Hancock surpris de jouer sur un Fender Rhodes et de
l'utiliser pour l'enregistrement du prochain Miles in the sky, en 1968..Miles Davis incorpore des éléments du rock et de la musique populaire
dans ses compositions peu de temps avant que Hancock quitte le groupe..(Avec lui, Joe Zawinul
et Chick Corea seront les pionniers de l'introduction des sonorités électriques, offertes par le piano Fender Rhodes, et électroniques, caractéristiques du
synthétiseur Moog, dans le monde du jazz. Cet abandon des sons classiques choquera plus d'un puriste et critique jazz.)..
A l'été 1968, Herbie, quitte le groupe pour former son propre sextet.
Malgré son départ, Hancock continue à travailler avec Miles Davis notamment dans In a Silent Way, A
Tribute to Jack Johnson et On the corner.
Hancock quitte Blue Note en 1969 et signe chez Warner
Brothers. La même année, il compose la bande originale de l'émission télévisuelle de Bill Cosby, Fat Albert. L'album, plus
proche du R&B Fat Albert Rotunda contient notamment la chanson Tell Me A Bedtime
Story qui sera retravaillée pour sonner plus électronique pour l'album Sounds...and Stuff Like That de Quincy
Jones.
Hancock s'intéresse aux gadgets musicaux et sous l'influence du Bitches
Brew de Davis, sort plusieurs albums où il mélange les instruments électroniques et acoustiques.
La première excursion de Hancock dans l'électronique commence par un sextet
composé du batteur Billy Hart, du bassiste Buster Williams et des cuivres Eddie
Henderson (trompette), Julian Priester (trombone), et Bennie Maupin auxquels on peut ajouter Dr. Patrick Gleeson qui s'occupait des synthétiseurs. Le sextet sort trois albums
expérimentaux sous le nom de Hancock, Mwandishi (1971), Crossings (1972) et
Sextant (1973). Deux autres, Realization et Inside Out avec à peu près les mêmes musiciens, sortent sous le nom de Henderson. Tous ces albums
contiennent des improvisations très libres et sont influencés par le jazz fusion, la musique électronique mais aussi les compositeurs de musique
contemporaine.
Crossings sorti en 1972 est l'un des premiers albums
jazz/fusion à comporter des synthétiseurs (avec Weather Report et leur album I sing the Body Electric). Le
synthétiseur est utilisé pour créer des effets d'atmosphère .
Après ses albums expérimentaux, Herbie Hancock souhaite revenir à une musique plus accessible et plus funky. Ce
choix aurait été motivé par les faibles ventes de ses précédents albums, par le constat que le grand public ne comprenait pas la musique d'avant-garde ainsi que par son amour du funk et notamment
de Sly Stone.
Il rassemble un nouveau groupe qu'il appelle The
Headhunters. Il ne garde que Bennie Maupin parmi les
membres de son sextet et recrute le bassiste Paul Jackson, le percussionniste Bill Summers, et le batteur Harvey Mason. Leur premier album Headhunters sorti en 1973 rencontre un succès commercial important bien qu'il soit
critiqué par certains fans de jazz. L'album est aujourd'hui loué pour son énergie et sa fraîcheur. Il influence dans les années qui suivent aussi bien le jazz que le funk, la soul et le
hip-hop.
Après le remplacement de Mason par Mike Clark, le groupe sort l'année
suivante l'album Thrust, presque aussi bien reçu que le précédent sans rencontrer le même succès commercial. Le groupe sort par la suite,
sans Hancock, un autre album bien accueilli, Survival of the Fittest. Le groupe continuera de jouer et d'enregistrer sans lui.
Hancock le réintègrera en 1998 pour Return of the
Headhunters.
Hancock quant à lui se tourne vers du Jazz - Funk à l'état pur auxquels
participent certains membre de The Headhunters ainsi que d'autres musiciens et sort notamment les albums Man-Child (1975) et Secrets (1976).
Parmi les instruments de Hancock , on peut noter le Fender Rhodes, le Clavinet, l'ARP Odyssey, l'ARP Pro-Soloist
Synthesizer et le Minimoog. Herbie Hancock est aussi l'un des premiers musiciens importants à s'être servi d'un ordinateur Apple pour
composer de la musique au début des années 1980...Passé les années 70, Hancock abandonne les deux synthétiseurs ARP de l’époque Headhunters pour adopter quelques 14 instruments, ce dès Mr Hands
(1981). Ce dernier, ainsi que Magic windows (1981) et Lite me up (1982) prennent une tournure très disco que ses fans lui
reprochent. Durant les années 1980, Herbie poursuit la fusion des genres et devient l’auteur d’immense succès pop. Il embrasse les années 1980 sur fond
d’expérimentations électroniques, d’autant plus que ses innovations prennent parfois des allures visionnaires. En 1983, le très révolutionnaire hit « Rock it » entrouvre de nouvelles possibilités musicales et fait figure d’évènement fondateur du hip-hop avec l’introduction du scratch. Lui
succède logiquement Sound system (1984) et Perfect machine (1988). Toujours dans les années 1980, il
consacre un album à des reprises allant de Madonna à Prince et reforme les HeadHunters pour une tournée d’une vingtaine de concerts aux
Etats-Unis. De 1985 à 1986, il consacre au Japon sa facette jazz avec Buster Williams, Al Foster, Ron Carter, Bobby Hutcherson.
Durant cette décennie caméléon, Hancock reçoit en 1987 l’Academy Award pour la Bande Originale du film Autour de Minuit de Bertrand Tavernier.
Durant les années 1970 et le début des années 1980, Herbie Hancock joue
avec son quintet V.S.O.P. qui comprend les membres du quintet de Miles Davis des années 1960 à l'exception de Davis lui même remplacé par le
trompettiste Freddie Hubbard. Malgré les rumeurs et les espoirs de l'époque, Miles Davis ne reformera jamais son groupe mythique. VSOP enregistre plusieurs albums live au Japon à la fin des années 1970 dont VSOP (1976) et VSOP: The Quintet (1977).
En 1978, Hancock enregistre un duo avec Chick Corea qui l'avait remplacé
dans le groupe de Miles Davis une décennie plus tôt. Il enregistre également un album solo acoustique de piano sobrement intitulé The Piano qui ne sort initialement comme beaucoup de ses albums à l'époque, qu'au Japon. On peut également citer de cette période les albums Dedication (1974), VSOP: Tempest at the Colosseum (1977) et Direct Step (1978)
De 1978 à 1982, Hancock enregistre de nombreux albums jazz marqué par la
musique pop et disco, avec Sunlight sur lequel jouent les musiciens Tony Williams et Jaco Pastorius. Il obtient un tube en Angleterre avec le titre "I Thought It
Was You" sur lequel il chante à travers un Vocoder qui ne convainc pas les critiques.
Il continue avec le vocoder avec Feets, Don't Fail Me Now qui lui
offre un autre tube "You Bet Your Love". Ses albums suivant Monster (1980), Magic Windows (1981), et Lite Me Up (1982) font partie de ses albums les moins bien accueillis par
la critique et par marché, à l'époque saturé de ces hybrides pop-jazz, notamment ceux de son ancien collègue Freddie Hubbard. Hancock lui même a un rôle
limité dans ces albums, laissant le chant, la composition et parfois la production à d'autres. Le seul album de cette période acclamé par la critique est l'instrumental Mr Hands (1980) auquel participe le bassiste Jaco Pastorius. Cet album combine de très nombreux styles comme la
disco instrumentale, le latin-jazz , et un morceau électronique joué par Herbie Hancock seul à l'aide d'ordinateurs.
Durant cette période, il joue à la cérémonie des Grammy awards avec Stevie Wonder,
Howard Jones, et Thomas Dolby dans un celèbre jam de synthétiseur.
Un de ses albums méconnu des années 1980 est son album live Jazz
Africa qu'il enregistre avec le joueur de kora gambien Foday Musa Suso. Herbie trouve également le temps
d'enregistrer des morceaux de jazz plus traditionnels.
Il tourne avec Tony Williams et Ron Carter en 1981 et enregistre Herbie Hancock Trio, un album de 5 morceaux qui sort au Japon. Un mois plus tard, il enregistre Herbie Hancock
Quartet avec Wynton Marsalis qui sort l'année suivante aux États-Unis.
En 1985, il participe à l'album Sun City contre l'Apartheid à l'initiative de Steven van Zandt.
Après son départ de Columbia, Hancock fait une pause qui s'interrompt avec la mort
de son mentor Miles Davis en 1991. En 1994, il sort l'album A Tribute To Miles en son hommage
avec ses amis et admirateurs de Davis Ron Carter, Tony Williams, Wayne Shorter et Wallace Roney. L'album contient deux enregistrements live et studio qui reprennent des classiques de Davis avec Roney jouant la partie de trompette du maître.
Ils remportent un Grammy comme meilleur groupe.
L'album suivant Dis Is Da Drum sort en 1994 et marque son
retour à l'acid jazz. Il sort l'année suivante avec d'autres stars du jazz dont John Scofield, Jack DeJohnette et
Michael Brecker l'album The New Standard composé de reprises de chansons populaires d'artistes comme
Nirvana, Stevie Wonder, The Beatles, Prince, Sade, Babyface et Peter Gabriel.
Il rencontre à nouveau le succès en 1997 en duo avec Wayne Shorter avec
l'album 1 & 1 dont la chanson "Aung San Suu Kyi" remporte un
grammy Award comme meilleure composition instrumentale. Le succès continue l'année suivante avec son album Gershwin's World où il
revisite de manière inventive les standards de George et Ira Gershwin avec la participation de Stevie Wonder, Joni
Mitchell et Wayne Shorter.
En 2001, Hancock enregistre Future2Future avec Bill
Laswell et Rob Swift de X-Ecutioners. Hancock tourne avec ce groupe et sort un DVD live hommage à Davis et John Coltrane enregistré à Toronto et appelé Directions in Music: Live At Massey
Hall.
En 2005, il sort un album de reprises en duo Possibilities
avec la participation de Carlos Santana, Angélique Kidjo, Paul Simon, Annie Lennox, John Mayer, Christina Aguilera et Sting. La même année, il tourne en
Europe avec un nouveau quartette composé notamment du guitariste béninois Lionel Loueke avec qui il explore la musique africaine et l'ambient. Enfin toujours
la même année, il reforme le groupe Headhunters pour une tournée.
En juin 2005, presque la moitié de ses enregistrements de Columbia ont été remasterisés. Des enregistrements qui n'étaient initialement sortis qu'au Japon ont également été diffusés dans d'autres pays.
En 2006, Sony BMG Music Entertainment qui a racheté
Columbian l'ancien label de Hancock, sort la rétrospective The Essential Herbie Hancock qui est la première a rassembler ses œuvres sorties sur Warner Brothers, Blue Note Records, Columbia et
Verve/Polygram.
En 2007, l'album River: The Joni Letters, hommage consacré à l'auteur-compositeur et chanteuse Joni Mitchell, recueille les lauriers
de la critique et de la profession, récompensé par un Grammy Award.
En 2008, il apparaît dans le clip Yes We Can.
En 2009, il joue avec le pianiste Lang Lang aux Nuits Musicales de Fourvière à Lyon, Ravel, Gershwin... lors d'un concert exceptionnel.
En 2010, pour fêter son 70ème anniversaire, Herbie Hancock
part à la rencontre de musiciens de tous bords pour enregistrer son album le plus ambitieux. The Imagine Project réunit une pléiade de stars
: John Legend, Jeff Beck, Manu Katché,Tinariwen, Marcus Miller, Wayne Shorter,
Los Lobos, James Morrison,Seal, Pink, Juanes, Derek Trucks, Dave Matthews et Anoushka
Shankar.
Discographie en Studio :
1962 : Takin' Off (Blue Note Records)
1963 : Inventions And Dimensions (Blue Note)
1963 : My Point Of View (Blue Note)
1964 : Empyrean Isles (Blue Note)
1965 : Maiden Voyage (Blue Note)
1968 : Speak Like A Child (Blue Note)
1969 : The Prisoner (Blue Note)
1969 : Fat Albert Rotunda (Warner Bros)
1970 : Mwandishi (Warner)
1971 : Crossings (Warner)
1972 : Sextant (Columbia Records)
1973 : Head Hunters (Columbia)
1974 : Thrust (Columbia)
1974 : Death Wish (Soundtrack) (Columbia)
1975 : Love Me By Name (A&M)
1975 : Man-Child (Columbia)
1976 : Secrets (Columbia)
1977 : Herbie Hancock featuring Jaco Pastorius at Chicago
1977 : Sunlight (Columbia)
1978 : Feets Don't Fail Me Now (Columbia)
1978 : The Piano (Columbia)
1979 : Monster (Columbia)
1980 : Mr. Hands (Columbia)
1980 : Magic Windows (Columbia)
1981 : Quartet (Herbie Hancock) (Columbia)
1981 : Lite Me Up (Columbia)
1983 : Future Shock (Columbia)
1984 : Sound-System (Columbia)
1988 : Perfect Machine (Columbia)
1994 : A Tribute to Miles (Qwest Records) avec Wayne Shorter, Tony Williams, Ron Carter et Wallace
Roney
1994 : Cantaloupe Island (Blue Note)
1995 : Dis Is Da Drum (Mercury)
1996 : The New Standard (Verve)
1998 : Gershwin's World (Verve)
2001 : Future 2 Future (Transparent)
2002 : Day Dreams
2005 : Possibilities (Hear Music)
2007 : River - The Joni Letters (Verve)
2010 : The Imagine Project
Michel Petrucciani,
né le 28 décembre 1962 à Orange et décédé le 6 janvier 1999 à New York.. Un Pianiste célèbre, plus que Martial Solal hélas, il aura seulement passé 36 ans à
ne plus grandir que dans nos mémoires. Vif et généreux au-delà des normes humaines, porté par son amour pour la vie, il aura été contesté par les puristes et adoré
par le grand public. Il voulait être compris et surtout donner du bonheur à ceux qui l’écoutaient..." Il est capital pour moi de donner, passer cette
générosité qui est indispensable dans l'art, la musique et la vie "..
Fils d'Antoine Petrucciani, dit « Tony », sicilien d'origine, guitariste de jazz renommé qui a été son professeur de musique et a collaboré par la suite à plusieurs de ses albums. Antoine Petrucciani, qui vit actuellement dans le
Var, a, durant de nombreuses années, donné des cours de guitare jazz dans les écoles municipales de musique de Carnoules, Solliès-Toucas et la Londe-les-Maures.
Les deux frères de Michel sont également musiciens :
Louis, contrebassiste, et Philippe, guitariste...Une de ses confidences troublantes, citée par Pascal Anquetil était :
« Je me souviens, à l'âge de huit ans, avoir dit à mon père en pleurant : Je n’arrête pas d'entendre de la musique en moi. Comme une radio sans fin. Je vivais alors un vrai cauchemar.
Mon père m'a simplement dit : C'est bien. Profite de ce don »...
Durant les années 1960 et 1970, la famille Petrucciani vit d'abord dans la région
d'Orange, puis à Montélimar où Antoine Petrucciani tient un magasin de musique.
Michel Petrucciani est handicapé dès la naissance du fait
d'une ostéogenèse imparfaite (osteogenesis imperfecta), la "maladie des os de verre" (ayant la forme sévère, sa taille adulte n'atteindra que 99 cm). Il ne peut pas être scolarisé, mais
reçoit des cours de professeurs particuliers et suit un enseignement par correspondance.
Il reçoit une formation musicale de son père (qui lui fabrique un
rehausseur de pédales, comme le fera plus tard Steinway) et de Raymonde Jacquemart qui lui apprennent le piano. Ainsi, il chante les classiques du jazz à 3 ans, joue
du piano à 7 ans et accompagne le trompettiste américain Clark Terry à 13 ans...C'est à cet âge là qu' il effectue son premier concert professionnel au festival de Cliousclat et se
fait remarquer par le trompettiste Clark Terry. Trois ans plus tard, dans
un club d’Aix-en-Provence, le Gascon Bernard Lubat, fleuron de la "blue note" hexagonale, fait sa connaissance :
"Je me produisais ce soir-là avec Michel Portal, quand le père Petrucciani me présente son fils. Je me rappelle m’être dit : 'Mais, qu’est ce que c’est que ce phénomène ? Il joue
terrible !' Déjà à l’époque, il maniait le jazz avec passion, luxuriance, un sens du swing inné au service d’un jeu baroque, virevoltant, insolent. J’étais frappé par la force de ses avant-bras
et celle de sa musique. Apparaissait devant moi un grand batteur de piano avec un tambour dans le cœur ".
Michel était passionné par la musique de Duke Ellington.. « Ce
jour-là, je vois à la télé une émission avec Duke Ellington. Et mon cœur… Vous savez… Waouh ! Après, j’ai voulu un piano, à 4 ans...» ,il considérait
que la musique de jazz se devait d'être 'populaire' et non pas élitiste ..c'était un credo pour lui .
En 1981, il part aux Etats-Unis. Il enregistre avec le batteur Aldo Romano
cinq albums entre 1981 et 1985. En Californie, il fait la connaissance de Charles Lloyd, saxophoniste très actif dans les années 1960, alors reconverti dans
les affaires. Charles Lloyd décide de se remettre à la musique et ils se produisent ensemble. Il se produit au club Village Vanguard. Michel Petrucciani entame alors une longue liste de collaborations : Roy Haynes, Jack
DeJohnette, Gary Peacock, Eddie Gomez, Charlie
Haden, Jim Hall, John Scofield, Wayne Shorter, Gerry Mulligan, Dizzy Gillespie … Il est le premier artiste
non américain à signer un contrat avec Blue Note chez qui il reste 7 ans avant de rejoindre Francis Dreyfus. Michel
Petrucciani passe plusieurs années en Californie. Il y épouse Erlinda Montaño, une Américaine indienne navajo, dont il divorce vers 1988. Il quitte alors la Californie pour New York... Ses
amis musiciens comptaient beaucoup pour lui, par exemple il voulait tous nous convaincre du génie de Frank Avitabile, Di Battista ou autres, et ne parlait que
de Charles Lloyd qu’il avait réussi à faire sortir de sa tanière, de Wayne Shorter et surtout d’Eddy Louis.
Dans les années 1990, il se produit en public et fait des disques en divers lieux du monde. Son jeu est caractérisé par une exceptionnelle indépendance des mains gauche et droite et une vitesse exceptionnelle d'exécution due à un entraînement intensif et à ses
grandes mains aux os légers, ce qui permet à ses doigts de rebondir très vite sur les touches ,mais comme il me le disait à Cahors en 1995 à la fin de son concert en solo : " ce que
je donne au piano celui-ci me le rend ...c'est comme un match de boxe et après un concert il faut que je me repose .."
C'est un superbe compositeur, avec une préférence pour les thèmes brésiliens, souvent présents dans ses disques avec un énorme respect pour le public .." Je joue toujours pour les gens. Je souhaite qu'après chaque concert ils partent heureux et qu'ils souhaitent revenir. Ma musique n'est pas intellectuelle mais sensuelle et chantante. Je veux qu'elle batte avec le cœur et qu'elle soit simple. Je joue pour plaire et pour communiquer. Mais ce n'est pas parce que ma musique plaît qu'elle est pour autant commerciale. J'essaie seulement d'appliquer de plus en plus la leçon des grands maîtres : moins, c'est toujours plus. "..
Il a eu quatre compagnes dont l'une, Marie Laure Roperch, lui a donné un fils, Alexandre, atteint de la même
maladie que son père...Michel décède à l'âge de 36 ans d'une pneumonie.
Il est inhumé à Paris, au cimetière du Père-Lachaise, à quelques mètres de Frédéric Chopin, en face de Pierre
Desproges...Une place portant son nom a été inaugurée en juillet 2003 par Bertrand Delanoë et décorée d'une mosaïque réalisée par l'artiste plasticien Edouard Detmer. Elle se trouve dans le 18e
arrondissement au carrefour des rues Versigny, Sainte-Isaure et Duhesme... Michel disait toujours : « Je ne crois pas au génie, seulement au
dur travail.»..
Discographie :
Oracle's destiny (1982)
100 hearts (1983)
Note'n notes (solo) (1984)
Darn that dream (1985)
Cold blues (1985)
Pianism (1985)
Michel plays Petrucciani (1987)
Music (1989)
Playground (1991)
Marvellous (1994)
Flamingo (avec Stéphane Grappelli) (1995)
Both worlds (1997)
Live at the Village Vanguard (1984)
Power of three (1986)
Live (1994, enregistré en 1991)
Conférence de presse (avec Eddy Louiss) (1994)
Conférence de presse, vol. 2 (avec Eddy Louiss) (1995)
Au théâtre des Champs-Elysées (1995)
Solo live (1998)
Concerts inédits (1999)
Trio in Tokyo (1999, enregistré en 1997)
Dreyfus night (2003, enregistré en 1994)
Piano solo - The complete live in Germany (2007)