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Il ya des instants comme ça ..où lorsque l'on met le premier
disque de la journée dans la platine ,tout cadre ...la musique qui s'échappe des enceintes correspondant en tous points à l'instant et au 'mood' du jour ...une osmose parfaite entre la lumière et
un état d'esprit.
Le nouvel Opus de Christelle Pereira "The Maestros" est superbe..tout simplement..,avec un grand Dado Moroni au piano ...d'ailleurs ce disque aurait pu être intitulé "Si le Piano m'était chanté" sans aucun à priori musical !..Car il s'agit d'un Opus de passionnés de musique de jazz et grandement respectueux des artistes auxquels le duo rend ici hommage.
La magie du voyage se manifeste dès l'introduction de "Oh look at me Now" comme si Christelle s'adressait directement au compositeur Joe Bushkin ou à Frank Sinatra ,un clin d'oeil ou une manière de leur dire :..' aujourd'hui je souhaite vous remercier d'avoir illuminé et enrichie ma vie..' la chanteuse dès lors s'approprie le thème à son tour et illumine ma matinée, la lumière est belle à cet instant, Christelle est magnifique sur la photo du CD ...tout cadre ,s'harmonise et s'ordonne autour des arrangements de Dado Moroni ... oui et comme dirait Humphrey Bogart .." He is looking at you kid.." ..!
S'enchainent alors les hommages aux grands musiciens ayants jalonné la vie musicale de Christelle Pereira , mais avec des prises de risques sérieuses parfois, comme sur le thème de Sonny Stitt 'Eternal triangle' un Be-Bop énergique ,tranchant et dans lequel l'hésitation peut-être fatale .Un phrasé parfait ,clair ,jumpy ..L'extrême complicité qui règne entre ces excellents artistes crée ce climat chaleureux dans lequel chacun trouve sa propre liberté de ton, de mouvement ..et où l'équilibre entre l’homme et "l'acrobate-musicien" est maintenu sur ce fil diaphane qu'est l'improvisation. Magnifique jeu de Philippe Soirat à la batterie ,sobre et efficace dont les accents soulignent les « escapades » tour à tour de la chanteuse ou du pianiste pour mieux ‘se retrouver’ ensuite sur le ‘mouvement’ du bassiste Michel Rosciglione…imbrication de la force et du mouvement …enhardissement syncopé d’un pas que bientôt plus rien n’entrave et qui semble augmenter à mesure l’espace qu’il vient d’ouvrir. Progression de cette basse ‘ambulante’ qui s’avance sur un sol souple avec cette calme exaltation d’aller par l’étendue...Peut-être que cet ‘Eternal Triangle’ ,n’est que l’adition de la puissance ,du mouvement et de l’espace ..non ?
Des Mélodies plus belles les unes que les autres swingantes ,jumpy ,romantiques ou bluesy …’Nuages’ ,
‘You turned the tables on me’ ,’Piano Players’ ou ‘Born to be blue’ me laissent songeur avec ce sentiment que l’interprétation bluesy est peut-être d’essayer de détourner le blues de sa solitude …et ‘Born to be Blue’ reste ainsi comme en suspens dans l’équivoque d’une liberté indéfinie . Mais « Piano Players » nous rappelle immédiatement que le rythme du jazz dégage l’essence de tout humain parcours .
Christelle Pereira d’une voix « rêveuse » avec la tête dans les ‘nuages’ ..mais les pieds bien sur terre avec sa spontanéité de l’élan et le sang-froid de la maitrise ..Sweet élégance..« une crème de menthe » servie par l’incursion du Pianiste Dado Moroni qui semble embrasser tout ce qui la précède. Un pianiste attentionné ,riche en ‘commentaires’ mais sans jamais être anecdotique malgré les « clins d’oeils » ici et là au gré des chorus…leçon véritable qui est un détachement avec une libre distribution de notes et de silences ! … « The Maestro » ..oui on peut le dire…cet hommage à Cedar Walton est honnête ,respectueux sans être obséquieux, comme un ample coup de chapeau et un large sourire à l’attention du hard-bopper romantique .Ici le Quartet de Christelle Pereira revient avec force ,mouvement, lyrisme ,délicatesse et peut-être ..une certaine fragilité ..non ?
J’écrase ma cigarette ,coupe la sono …et non je n’ai pas envie d’écouter autre chose pour l’instant je me sens encore « Bad and Beautiful » à la fois ..comme un ..Swing d’enfer dans un Jazz de velours .. !!
Christelle Pereira : Vocals
Dado Moroni : piano
Michel Rosciglione : Contrebasse
Philippe Soirat : Drums
Doté d'une discographie prolifique, Jim Hall fait figure de référence parmi les guitaristes de jazz,il ne cesse de développer
son jeu virtuose et inspiré, tout en multipliant les collaborations avec des artistes aussi prestigieux que Ron Carter, Bill Evans ou Joe Lovano...
La modestie et la discrétion qui caractérisent Jim Hall n’ont pas empêché ce musicien de tenir un rôle déterminant dans l’évolution de la guitare dans le jazz. Par
son intelligence des formes, son obsession de la clarté et l’exigence de son style, il a non seulement hissé la guitare au rang des plus importants solistes – s’inspirant de ces derniers plus que
des musiciens jouant de son instrument – mais encore apporté une sensibilité introspective et subtile, sans guère d’équivalent avant lui, qui a rencontré un écho considérable chez ses
pairs.
James Stanley Hall, né à Buffalo dans
l'État de New York le 4 décembre 1930.
Dans un environnement familial dominé par la musique country, la découverte
à l’âge de treize ans d’un 78 tours de Benny Goodman avec le guitariste Charlie Christian fait office de révélation,
grâce à laquelle s’amorce l’intérêt de Jim Hall pour le jazz. Il étudie ensuite la guitare avec Fred Sharp, grand
admirateur américain de Django Reinhardt, qui devient une autre influence majeure. Elève au Cleveland Institute of Music,
où à l’époque ni le jazz, ni la guitare ne sont enseignés, il étudie pendant cinq ans la théorie musicale et la composition pour laquelle il a comme professeur le violoniste hongrois Marcel Dick (1898-1991), un proche d’Arnold Schoenberg. Dans cet environnement, il développe un goût
pour la musique classique, notamment l’œuvre de Bartok et de Paul Hindemith. L’enseignement qu’il reçoit alors aura une incidence certaine sur son sens de la forme, tout
comme la pratique du piano et celle de la contrebasse, dont il joue dans l’orchestre de l’école, qui modifieront son appréhension de la guitare.
En 1955, désireux de se consacrer au jazz, Jim Hall quitte l’Ohio pour Los
Angeles, en quête de perspectives professionnelles. Il y étudie la guitare classique . Peu après son arrivée, il est recruté par le batteur Chico Hamilton qui constitue un quintet à l’instrumentation inhabituelle (incluant notamment un violoncelle) et développe une approche du jazz marquée par la musique de chambre. Le succès de ce quintet vaut à Jim Hall d’enregistrer un premier
disque en trio pour Pacific Jazz. Il participe également à une séance-fleuve du pianiste Hampton Hawes (All Night Session, 1956). De 1956 à 1960, Jim Hall fait partie d’une autre formation singulière de la Côte
Ouest, le trio de Jimmy Giuffre. D’abord constitué avec une contrebasse (The Jimmy Giuffre
Trio, 1956), le trio trouve toute son originalité lorsque celle-ci est remplacée par le trombone de Bob Brookmeyer (Trav’lin’ Light, 1958). Les directions de Giuffre amènent Hall à affiner son phrasé, son attaque et sa
pensée mélodique dans un contexte essentiellement polyphonique, et développent sa prédilection pour les contextes étroits et exigeants en matière
d’improvisation. Parallèlement, Hall se lie d’amitié avec Brookmeyer qui a recours à lui pour ses propres disques (Traditionalism
Revisited, 1957) et restera l’une de ses fidèles partenaires. Jim Hall fait également la connaissance de John Lewis qui le fait venir à New York, l’invite sur ses
disques et l’associe à plusieurs projets liés au développement du Troisième Courant, comme l’Orchestra U.S.A ou la Lenox School
of Jazz.
.
En 1960, Jim Hall s'installe à New York. Il entame alors une série de
collaborations avec nombre de musiciens très réputés de l'époque. Grâce au producteur Norman Granz il accompagne Ella Fitzgerald en 1960-1961.
En 1960, Hall remplace Herb Ellis auprès de la chanteuse Ella
Fitzgerald. Sa carrière prend une dimension internationale (Mack The Knife, Ella in
Berlin, 1960). Au cours d’une tournée de la chanteuse en Amérique du Sud, il découvre au Brésil la bossa-nova qu’il sera, avec Stan Getz, l’un des premiers à assimiler au jazz, notamment dans certains disques de l’altiste Paul Desmond (Bossa
Antigua, 1964).Cette tournée en Amérique du sud de près de trois semaines à Rio de Janeiro puis vers le sud en passant par São Paulo, Montevideo et Buenos Aires ,permet à
Hall de découvrir Astor Piazzolla et de nouveaux sons avec le tango ou la bossa nova qui émerge à cette époque... Capable de s’exprimer aussi bien dans des
formes élaborées que dans des contextes plus spontanés, comme auprès du saxophoniste Ben
Webster (At the Renaissance, 1960), Jim Hall se distingue comme l’un de ceux qui,
dans la continuité de Tal Farlow et Jimmy Raney, contribue à faire de la guitare un instrument pleinement soliste du jazz. En 1962, Hall est ainsi sollicité par Sonny Rollins, qui sort d’une retraite musicale, pour former un quartet sans piano qui marque l’un des
sommets de la carrière du saxophoniste (The Bridge, 1962), puis par le trompettiste Art Farmer
(1962-1964) pour un quartet qui fait également date.
Après avoir appartenu à l’orchestre maison du Merv Griffin Show à la
télévision, l’activité de Jim Hall est surtout marquée par ses duos avec les contrebassistes Ron Carter (Alone
Together, 1972) et Red Mitchell et la constitution d’un trio avec Don Thompson (piano et
contrebasse) et Terry Clarke (batterie) avec lequel le guitariste tourne régulièrement dans son pays, en Europe et au Japon (Jim Hall Live!, 1975) où son talent est désormais apprécié à sa juste mesure. Privilégiant l’intimité des « Dialogues » (titre d’un de ses disques paru en 1995) et la subtilité des échanges, Jim Hall a donné sa préférence
au format du trio, dans lequel il ne craint pas d’intégrer un pianiste (Gil Goldstein puis Larry Goldings). Son goût pour la conversation musicale l’a
amené à collaborer avec plusieurs d’entre eux, dans la lignée du duo fameux qu’il forma en studio avec Bill Evans en 1962 et 1966 : George Shearing (1981), Michel Petrucciani (1986), et plus récemment Enrico Pieranunzi (2004) et Geoff Keezer (2005). De même, il a signé en 2001 un album constitué uniquement de duos avec des
contrebassistes : Dave Holland, Christian McBride, Charlie Haden, George Mraz et Scott Colley, ce dernier étant devenu l’un de ses accompagnateurs réguliers. Nouant des relations privilégiées avec un
certain nombre de solistes, il a régulièrement joué et enregistré avec le trompettiste Tom Harrell (These
Rooms, 1988) et les saxophonistes Chris Potter, Joe Lovano (Grand Slam, 2000) et Greg Osby (The Invisible
Hand, 1999, sous la direction de ce dernier).
A cette époque, Jim hall a beaucoup apporté à la guitare
Jazz, faisant d'elle un instrument d'accompagnement, qui remplace le piano, donnant ainsi aux groupes un son original.
Ayant acquis une solide réputation, Jim Hall a ensuite poursuivi sa carrière en tant que leader, accompagné par
les plus grands noms du Jazz. Il incorpore souvent dans ses formations de jeunes musiciens prometteurs, comme Geoffrey Keezer. Son style n'a cessé d'évoluer, laissant transparaitre à la fois sa grande connaissance de la composition classique et son goût pour la musique moderne. Ses derniers
albums sont ainsi très expérimentaux, que les oeuvres soient originales ou issues du répertoire des standards.
Bien qu’il apparaisse essentiellement comme un soliste, Jim Hall a
développé une œuvre de compositeur et d’arrangeur qui est loin d’être négligeable, ainsi qu’en témoignent les disques Textures (1996) et By Arrangement (1998) ainsi que ses partitions pour quartet de jazz et quatuor à cordes écrites à l’occasion de l’obtention du Jazzpar Prize en
1994. Elles font suite à des collaborations avec le violoniste Itzhak Perlman sous la direction d’André
Previn (1981). Hall est aussi l’auteur de Peace Movement, concerto pour guitare jazz et orchestre créé en 2004. Enfin, ses duos, accompagnés
ou non, avec de nombreux guitaristes qui sont redevables, plus ou moins littéralement, à son influence – John Scofield, John Abercrombie, Pat Metheny (pour
tout un album en 1999), Mike Stern, Peter Bernstein, Bill
Frisell…– témoignent d’une aura intacte et d’une influence durable quant à l’évolution et à la place de la guitare dans le jazz contemporain.
Discographie partielle :
1957 Street Swingers (avec Bob Brookmeyer)
1960 Good Friday Blues (avec the Modest Jazz Trio)
1962 Undercurrent (duo avec Bill Evans)
1962 Interplay (comme membre d'un quintet dirigé par Bill Evans)
1962 Loose Blues (comme membre d'un quintet dirigé Bill Evans)
1965 Bossa Antigua avec Paul Desmond
1966 Intermodulation (duo avec Bill Evans)
1969 It's Nice To Be With You
1971 Where Would I Be?
1972 Alone Together (avec Ron Carter)
1975 Concierto
1975 Live !
1976 Jim Hall Live in Tokyo
1976 Commitment
1978 Jim Hall & Red Mitchell (duo enregistré "live" au Club "Sweet Basil")
1981 Circles
1986 Three
1988 These Rooms
1989 All Across the City
1990 Live at Town Hall vol 1-2
1991 Subsequently
1993 Youkali
1993 Alone Together
1993 Dedications and Inspirations
1993 Something Special
1995 Dialogues
1995 Live at the Village West (avec Ron Carter)
1997 Textures
1998 By Arrangement
1999 Jim Hall & Pat Metheny
2000 Grand Slam: Live at the Regatta Bar (avec Joe Lovano)
2001 Jim Hall & Basses
2008 Hemispheres (Jim Hall & Bill Frisell)